Les blogues ont-ils un avenir? Ce blogue est fermé.

blog_closedLes blogs sont-ils  engagés sur la voie du déclin  et de la fermeture ? C’est ce que prédisait la chaîne d’information 20minutes en 2003 et le journal Le Monde en 2013. Ont-ils encore une influence ou encore un quelconque intérêt ? Qui blogue dans le domaine des bibliothèques? Nous sommes quelques-uns à se lire strictement entre nous, une mince communauté de pratique de bibliothécaires québécois qui exerce une veille informationnelle.

La question est de savoir, dans une société qui s’exprime par des assertions de 140 frappes (twitter), qui consacre du temps à la lecture d’un billet personnel de 1 500 mots ? De moins en moins de professionnels. Le flux est ailleurs!

Dans ce contexte, j’ai pris librement la décision de fermer ce blogue.

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Les bibliothèques collégiales offrent-elles des espaces de silence et de quiétude permettant la lecture attentive? L’art de lire est-il en péril?

Argument_Politique_Societe_histoireC’est la question que l’on se pose suite la lecture de la dernière livraison de la revue Argument. Le numéro printemps-été 2015 propose un dossier sur le franglais mais c’’est toutefois la contribution de Daniel Tanguay « L’art de lire en péril » qui a retenu mon attention. Le propos de Tanguay (enseignant en philosophie à L’Université d’Ottawa) touche directement notre profession de bibliothécaire qui est celle d’ « incitateur et de facilitateur  à la lecture ».

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Je vous invite à lire son texte, sans doute ce que j’ai lu de plus fondamental au cours des dernières années, sur notre profession et l’acte de lire. Précisons toutefois que l’auteur n’est pas technophobe et ne rejette pas les nouvelles technologies. Il en fait lui-même un usage au quotidien. Un usage raisonné laissant place à lecture attentive. Je vous propose un résumé de ce texte avec quelques courtes réflexions.

 

Tanguay pose donc la question  de la relation que l’on pourrait établir entre la lecture attentive et sérieuse et le livre en tant que tel. « Est-ce que le livre prédispose davantage que l’écran à une telle lecture? » et poursuit avec un chapitre sur la question de l’attention et plus précisément la pratique de la lectio divina  cet art de lire: retrait du monde, attention et silence. lectio-divina-0La thèse soutenue par Daniel Tanguay est simple : l’art de lire est en péril. Il constate que ses étudiants éprouvent une difficulté de plus en plus grande à maîtriser l’art de lire. Non pas lire un court texte, mais lire des articles ou des livres de manière attentive. Il appuie ses impressions personnelles sur les résultats d’une recherche empirique menée sur 2 500 étudiants des premières années du cursus universitaire américain, ce qui correspond au Québec essentiellement au niveau collégial.
Academically Adrift: Limited Learning on College Campuses (2011) cité par l’auteur démontre que malgré deux années à l’université, près de la moitié des étudiants n’avaient pas amélioré leurs compétences de base en lecture attentive que l’enseignement universitaire était censé améliorer chez eux.

Les raisons expliquant ces faibles performances sont énoncées par les deux auteurs Richard Arum et Josipa Roksa :
1. Diminution progressive du nombre d’heures passées par les étudiants à étudier et relâchement constant des exigences concernant la lecture et les exercices écrits dans le cours
2. Désengagement des professeurs à l’égard de l’enseignement
3. Inflation des notes et distorsion des processus d’évaluation
4. Climat général ne favorisant pas l’effort intellectuel.maxresdefault
La contribution de l’auteur par son article est de bien circonscrire la notion de lecture attentive. Il va de soi pour Tanguay que tous les étudiants des cégeps et des universités savent lire : « c’est-à-dire qu’ils disposent de la capacité de déchiffrer un quelconque message écrit et d’en comprendre en gros le sens ». Toutefois il en va autrement avec la lecture attentive, un processus par lequel « des lecteurs qui lisent en comprenant vraiment ce qu’ils lisent. Pour saisir vraiment un texte, le lecteur doit en effet en comprendre le vocabulaire, les structures argumentatives et le sens ». C’est essentiellement un travail intense de lecture visant une appropriation pour éventuellement formuler un jugement critique.

digital-natives-copyIl poursuit par quelques réflexions personnelles (les confessions d’un autre siècle) sur la question du lien entre la culture du livre et la formation du lecteur attentif. Avant tout cette dichotomie entre les natifs du numérique (digital nativ) et immigrants numériques nés au siècle précédent (digital immigrant) ne tient plus la route. On peut très bien faire un usage des nouvelles technologies, peu importe sa date de naissance. L’enjeu est plutôt sur la nature de cet usage : raisonné ou irraisonné.

Dans ce contexte, alors que la mode dans les bibliothèques académiques est au travail d’équipe, aux  learning commons et aux espaces de troisième lieu, on peut s’interroger sur l’importance de conserver dans nos bibliothèques, des espaces de silence. L’auteur estime qu’il faut « apprendre à nos étudiants à se débrancher et à préserver quotidiennement un temps pour la lecture solitaire ». Il revient sur un article publié à l’automne 2008 sur la transformation de la bibliothèque de l’université d’Ottawa en espaces de travail conviviaux pour le travail collaboratif avec un Café Second Cup.  Même si le succès fut « immédiat et foudroyant »  au niveau du taux de fréquentation,  l’auteur estime que « le prix à payer fut la disparition quasi complète du silence et de la discipline requise par le lieu. »  Daniel Tanguay estime que dans ce dossier, l’Université ( il faut lire ici je crois les bibliothécaires) a renoncé à éduquer les étudiants à la pratique ascétique de la lecture.

Le jugement est sévère. L’important à mon avis est de préserver deux types de zones : des secteurs pour l’étude et la lecture individuelle favorisant la lecture attentive et des secteurs pour le travail collaboratif. Il est possible selon moi de préserver les deux vocations. Il faut toutefois voir à l’application des règlements ce qui n’est pas toujours facile.

L’auteur termine sa contribution par la question de la transmission de l’art de la lecture attentive  qui passe par la nécessité de lire davantage et surtout des ouvrages complets et également la création de conditions physiques nécessaires à cette activité réflexive.

Des propos « utopiques » ou « intempestifs »? Je crois que non. Le mérite de Daniel Tanguay est de poser la question et nous amener à réfléchir sur nos espaces de bibliothèques et nos propres habitudes de lecture.

Pour en savoir plus sur l’auteur:

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L’achat d’Archambault par Renaud-Bray; l’opinion d’un bibliothécaire et professionnel du livre

Renaud-Bray acquiert la chaîne de magasins Archambault     Photo : Radio-Canad

Renaud-Bray acquiert la chaîne de magasins Archambault Photo : Radio-Canada

J’achète des livres pour des bibliothèques depuis 35 ans et mes fournisseurs depuis ce temps sont notamment (mais non exclusivement) Renaud-Bray pour les livres et Archambault pour les CD, DVD et la musique en feuilles.

Nous assistons actuellement à des restructurations majeurs dans le commerce de détail. Fermeture de Target en janvier 2015,  fusion de BestBuy et Future Shop en mars 2015 et achat du Groupe Archambault par Renaud-Bray la semaine dernière.  Le livre et les CD/DVD ne sont pas des produits culturels comme les autres, mais leur commerce répond à des impératifs commerciaux.

Dans le contexte des bibliothèques académiques, que vient changer l’achat par Renaud-Bray du Groupe Archambault?

À court terme, au quotidien, cet achat ne change rien. J’achète toujours des livres chez Renaud-Bray et des CD et DVD chez Archambault. Je reçois et recevrai mes commandes comme d’habitude pour les mois à venir. Le Bureau de la concurrence sera appelé à se prononcer sur cette question, mais il serait étonnant que la transaction soient refusée.

À moyen et long terme, une fois la décision du bureau de la concurrence connue, qu’en sera-t-il?

Premier élément : Faire face à la menace d’Amazon.ca   Le marché du livre est rentable au Québec, du moins pour certains. Une fondation dénombrait en 2013 la fermeture de 34 librairies indépendantes depuis 2011.  Pendant ce temps, selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec: « Les ventes de livres ont augmenté de 1,5% et atteint 688 M$ en 2013, après avoir connu une baisse de 4,1% en 2012. À l’exception des librairies indépendantes, la plupart des catégories de points de vente ont enregistré une hausse de leurs ventes de livres. »

Ventes nettes de livres neufs par les éditeurs selon le marché, Québec, 2001-2013 Source: Observatoire de la culture et des communications Institut de la statistique du Québec

Ventes nettes de livres neufs par les éditeurs selon le marché, Québec, 2001-2013 Source:Observatoire de la culture et des communications Institut de la statistique du Québec

 

 

 

 

 

 

 

 

Ventes nettes1 de livres neufs par les maisons de distribution selon les marchés de la vente finale2, Québec, 2009-2013 Observatoire de la culture et des communications Institut de la statistique du Québec

Ventes nettes de livres neufs par les maisons de distribution selon les marchés de la vente finale2, Québec, 2009-2013 Observatoire de la culture et des communications Institut de la statistique du Québec

Toujours selon l’Observatoire de la culture et des communications, les ventes aux collectivités ont augmenté de 1,0% en 2013. Ces dernières ont subi un recul important en 2011 et ce niveau s’est maintenu en 2012 de telle sorte que le bilan de la période 2009-2013 est mitigé.

La stratégie agressive d'Amazon crée régulièrement des tensions avec le monde du livre © AP/SIPA/Frank Augstein

La stratégie agressive d’Amazon crée régulièrement des tensions avec le monde du livre © AP/SIPA/Frank Augstein

Globalement, la fusion des deux réseaux de librairies ne peut qu’offrir un concurrent de taille pour faire face à la menace réelle et majeure d’Amazon.ca. Nous vivions ici  la même problématique que l’arrivée d’Amazon.fr.  Dès janvier 2007, un journaliste du Devoir sonnait l’alarme. Depuis cette date, progressivement, Amazon.ca augmente ses parts de marché, surtout avec le livre numérique, mais aussi avec le livre sur papier.

«De par sa capacité financière et vu l’ampleur de sa proposition d’affaires de l’offre de livre papier et numérique, Amazon.com est un concurrent menaçant pour le réseau des librairies.» C’est la conclusion à laquelle arrivait Michel  A. Lasalle, en 2011, dans son Étude sur la règlementation du prix du livre au Québec.

Pour l’instant, Amazon.ca n’ayant pas pignon sur rue et n’étant pas agréé, ne pouvons effectuer des achats chez ce fournisseur et profiter d’un rabais de 20% qui serait appréciée en ces temps de coupures majeures. Tout comme Chapters-Indigo, je ne crois pas que le marché institutionnel avec ses contraintes légales, intéresse vraiment ces deux compagnies. Rappelons qu’au Canada anglais les libraires Chapters et Indigo ont fusionné afin de faire face à cette menace.

Mentionnons également la loi anti-amazon adoptée récemment en France pour empêcher ce fournisseur de ne pas facturer de frais de livraison à ses clients.

Deuxième élément: diminuer les coûts (efficacité, personnel, magasins, entrepôt, interface web). La fusion éventuelle des deux bannières sur le modèle de Chapters et Indigo va permettre de réaliser des économies majeures avec une nouvelle organisation du travail et un déploiement allégé de succursales. Renaud-Bray comprend 30 magasins et Archambault, 14. À 9 endroits au Québec on est en face d’une librairie Renaud-Bray et pas très loin, d’une librairie Archambault. Il serait étonnant, à moyen terme, que l’on conserve deux librairies, Archambault et Renaud-Bray, dans un même secteur.  Prenons le cas de Sherbrooke, une succursale dans le centre d’achats et l’autre à cinq minutes avec pignon sur rue.  Ces économies substantielles permettront de rentabiliser les activités commerciales de Renaud-Bray, moins florissantes depuis quelques années. Dans le domaine du marché institutionnel, il serait également étonnant que l’on  garde deux services distincts, répondants aux collectivités.  Le marché des bibliothèques municipales et académiques est très lucratif, mais une seule interface en ligne et une seule succursale par secteur avec une salle d’exposition, jumelé à un grand entrepôt d’expédition, déjà existant pour Renaud-Bray  permettrait de satisfaire ces deux clientèles.

Dans cette publicité en ligne, Renaud-Bray présente son entrepôt central, un peu sur le même modèle qu’Amazon. Une efficacité redoutable pour la livraison et la facturation.

Au niveau financier, on se souviendra qu’en 1996 le Fonds de solidarité FTQ  a permis à Renaud-Bray de sortir d’une situation financière difficile avec  un investissement initial de 4,7 M$. Plus récemment en 2013, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) avait accordé une aide financière de 5,1 millions $ à la chaîne de librairies Renaud-Bray pour lui permettre de racheter des actions émises alors qu’elle était au bord de la faillite.

Dans ce contexte, après la restructuration, on va être devant un géant de la vente du livre. Un géant québécois et non américain ou français, avec les reins plus solides pour répondre aux besoins des bibliothèques. Le marché du livre sera donc composé d’un réseau de librairies indépendantes, certaines regroupées sous l’excellent portail Les libraires, d’acteurs parallèles, que sont les grandes surfaces comme Wallmart, Cosco, les chaînes de pharmacies et les dépanneurs (ils grugent le marché lucratif des best-sellers et des livres pratiques) et de Renaud-Bray/Archambault.

L'offre en magasin dans les librairies Archambault est supérieure à Renaud-Bray, notamment au niveau du mobilier et du merchedising.

L’étalage des produits en magasin dans les librairies Archambault est supérieure à Renaud-Bray, notamment au niveau du mobilier, de l’affichage  et du merchedising.

Archambault offre une expérience d'achat enrichissante.

Archambault offre une expérience d’achat enrichissante.

Même si certaines succursales ont été retapées, notamment celle de la rue Saint-Denis, l'ensemble des librairies du réseaux Renaud-Bray mériteraient d'être modernisées.

Même si certaines succursales ont été retapées, notamment celle de la rue Saint-Denis, l’ensemble des librairies du réseaux Renaud-Bray mériteraient d’être modernisées.

Le secteur du cadeau est important pour les libraires comme Indigo ou Renaud-Bray mais pour ce dernier, l'offre frise parfois le ridicule et prends de la place au détriment du livre. On comprends la pertinence de ces étalages pour le secteur du jeux éducatifs mais pour le thé et le chocolat, un peu moins.

Le secteur du cadeau est important pour les libraires comme Indigo ou Renaud-Bray mais pour ce dernier, l’offre frise parfois le ridicule et prend de la place au détriment du livre.  On ne doute pas qu’une section pour les cadeaux est essentielle et répond à un besoin. On comprends la pertinence de ces étalages pour le secteur des jeux éducatifs, mais pour le thé et le chocolat, un peu moins. Un repositionnement s’impose en faveur d’un plus grand espace au  livre. 

Troisième  élément. Offrir une meilleure interface web et une meilleure expérience d’achat.  Ce n’est pas la place ici pour procéder à une évaluation complète des interfaces avec des critères de lisibilité et d’ergonomie cognitive.  Je me place simplement dans la peau d’un bibliothécaire achetant des livres, des CD et des DVD sur les sites web de Renaud-Bray ou d’Archambault.  Les interfaces des deux librairies permettent de trouver assez facilement ce que l’on recherche, mais elles sont très élémentaires et on est très loin de l’exhaustivité de sites comme  Barnes and Nobles d’ Amazon.com  ou de la FNAC.

Pour illustrer notre propos, prenons le dernier roman Haruki Murakami: L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (octobre 2014). La notice de Renaud-Bray est élémentaire et propose 3 autres livres qui n’ont strictement rien à voir avec le roman de cet auteur.  Image4

La notice d’Archambault, que certains estiment pourtant moins verser dans le livre et la littérature, est nettement supérieure à Renaud-Bray avec un commentaire éditorial pertinent, une liste de suggestions appropriées: les autres romans de cet auteur et la possibilité de laisser un commentaire.  En ce qui concerne la notice de Barnes et Nobles, elle va encore plus loin avec ces éléments :

  • Les clients qui ont acheté ce roman ont aussi acheté ces romans;
  • Extrait critique de la presse
  • Opinion éditorial de Barnes et Noble
  • Informations complémentaires de l’éditeur
  • Une biographie exhaustive de l’auteur
  • Un extrait
  • 19 thèmes de discussion
  • 31 évaluations de lecteurs

Il est étonnant que la notice d’Amazon.ca ne comporte que les éléments bibliographiques de base et un seul commentaire alors que la notice d’Amazon.fr (nos cousins français) propose 100 livres que des consommateurs ont aussi achetés, un résumé de l’éditeur, une biographie de l’auteur et  plus de 50 commentaires de lecteurs.  Le site canadien n’est pas entièrement traduit et propose un seul commentaire. Dans les deux cas, un historique de navigation est proposé.

Avec la progression constante du livre numérique et la fusion des deux groupes, on devrait s’attendre à ce que Renaud-Bray  investisse dans l’expérience d’achat en ligne, la navigation et l’information sur les produits présentés. L’usage des algorithmes permettrait d’améliorer l’interactivité des interface et par le fait même l’expérience client.  Autant pour les livres que les autres produits culturels que sont les CD et les DVD, un enrichissement des notices s’impose. Les techniques du web 2.0 sont bien connues et visent à améliorer, soutenir et prolonger l’expérience d’achat (les clients qui ont acheté ce livre ont aussi acheté ces livres ou si vous avez aimé ce livre nous croyons que vous allez être intéressé par ceux-ci). On serait en mesure de s’attendre avec la fusion éventuelle, à des investissements majeurs en ressources humaines. Le web 2.0 demande l’embauche de personnels qualifiés, ce qui ne manque pas lorsque l’on fréquence ces deux réseaux de librairies.   Il va de soi toutefois que le marché québécois et canadien est nettement plus petit que les marchés américains ou français. Toutefois malgré un marché plus limité, une amélioration des contenus (notices de produits et interface pour grand public et marché institutionnel) s’impose.

Le concept publicitaire Coup de coeur  de RB s'est inséré dans le paysage culturel québécois et est reconnue.

Le concept publicitaire Coup de coeur de RB s’est inséré dans le paysage culturel québécois et est reconnue.

Quatrième élément : la musique et le cinéma. Archambault est reconnu pour l’audiovisuel. Si vous fréquentez la célèbre succursale centrale de la rue Berri vous êtes à même de constater, depuis 15 ans, des changements majeurs dans l’offre des produits. Le personnel d’Archambault est reconnu pour son expertise. Combien de fois je m’en suis remis à Gilles Boisclair, disquaire et collaborateur à ARTV et à la radio de Radio-Canada, pour le choix des disques en jazz et musique du monde. Il en est de même pour le secteur du livre : l’expertise du libraire de plancher ou celui qui est virtuel est essentielle.

Gilles Boisclair, disquaire et collaborateur à ARTV et à la radio de Radio-Canada. C'est ce genre d'experise, disquaires, librairies, webmestres culturels  qui sont en mesure d'enrichir le contenu d'un site web d'un réseau de librairies.

Gilles Boisclair, disquaire et collaborateur à ARTV et à la radio de Radio-Canada. C’est ce genre d’expertise, disquaires, librairies et webmestres culturels qui sont en mesure d’enrichir le contenu d’un site web d’un réseau de librairies.

Depuis janvier 2014, les postes de disquaires ont été abolis chez Renaud-Bray. On sait très bien que les marchés de l’enregistrement sonore et du DVD sont en constante mutation depuis l’arrivée du format numérique en ligne et du streaming. Voir à ce sujet mon billet de décembre 2014 sur la dématérialisation.  Claude Martin de l’Université de Montréal et spécialiste de l’économie des industries culturelles, affirmait récemment en entrevue:« … la décision de Quebecor de se départir du maillon vente au détail de sa chaîne de production-diffusion musicale indique bien à quel point cette partie de l’industrie est en décroissance. »

Toutefois, pour l’instant,  comme le souligne Guillaume-Bourgault-Côté dans  Le Devoir du 23 mai « il se vend encore trois fois plus d’albums en format physique qu’en numérique au Québec. Selon les chiffres de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (bilan 2014), 5,7 millions de CD ou de vinyles ont été vendus l’an dernier à travers la province, contre 1,9 million d’albums achetés en ligne (un recul de 3,7 % par rapport à l’année précédente, le premier jamais enregistré pour cette catégorie) ».

Dans ce contexte, dans l’éventuelle rationalisation ou fusion, va-t-on perdre l’étalage de CD/DVD l’expertise de la musique et du cinéma?

Avec une part importante du marché du livre et de l’audiovisuel au Québec, notamment du côté des collectivités, véritable vache à lait du commerce du livre avec les législations contraignantes, on serait en droit de s’attendre à ce que Renaud-Bray/Archambault rationalise ses opérations, mais en même temps maintienne et investisse dans des ressources humaines qualifiées: libraires, disquaires, spécialistes du cinéma, gestionnaire de comptes institutionnels et webmestre culturel, autant pour la clientèle régulière qu’institutionnelle et autant pour la clientèle physique que virtuelle.

Un peu d’histoire et défis actuels.

La personnalité du Président et directeur général de Renaud-Bray , le libraire rebelle, Blaise Renaud est jugée particulière. J’ai bien connu son père Pierre Renaud. En 1964, Pierre Renaud ouvre la Librairie des deux mondes et dès 1965, il s’associe avec Edmond Bray: c’est la naissance de Renaud-Bray. En 1971, Pierre Renaud devient l’unique propriétaire de la librairie.  En 1999, Renaud-Bray achète les 3 librairies Champigny et 15 succursales de la bannière Garneau, à travers tout le Québec. Ces achats se font 3 ans après avoir évité la faillite.

Blaise Renaud, l'actuel Président et Directeur général et son père Pierre Renaud.

Blaise Renaud, l’actuel Président et Directeur général et son père Pierre Renaud.

Il faut dans le monde des affaires et de la culture d’aujourd’hui, des hommes et des femmes qui osent et s’ajustent aux nouvelles réalités. Le marché du livre et des produits culturels avec le débat du prix unique, le différend commercial avec Dimedia (heureusement réglé) et la nouvelle réalité de la multiplicité et de la volatilité des supports numériques posent de grands défis à ce nouveau consortium.

Renaud-Bray/Archambault est bien positionné pour faire face à ces défis. Ceux-ci passent par un réseau solide de librairies avec un personnel qualifié, un service des collectivités efficace et une interface web où est présente l’expertise des libraires, des disquaires, des spécialistes ou webmestres culturels.

Quand je constate l’amplitude et l’exhaustivité d’Amazon.com avec son offre numérique exhaustive, le service à la clientèle et tous les éléments de fidélisation web.20 et 3.0, je me dis que Renaud-Bray/Archambault avec ses deux sites web est très loin du compte.

Les mois qui viennent et l’année 2016 seront déterminants dans le succès de cette fusion et le redéploiement de l’offre en succursales et en ligne!

Daniel Marquis

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Ce billet a été retiré suite à une décision personnelle.

 

 

                                                                   


 

 

 

 

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Les bibliothécaires des cégeps accordent une grande importance à certains prix littéraires.

Les bibliothécaires des cégeps accordent une grande importance aux livres sélectionnés et gagnants de prix littéraires. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé entre le 23 et le 27 janvier 2015 dans la communauté des bibliothèques collégiales du Québec.

L’impact médiatique de certains prix littéraires au Québec est grand alors que l’intérêt pour d’autres est minime. Qu’en est-il au juste au Québec dans la communauté des bibliothèques collégiales?

Un total de 42 personnes, majoritairement des bibliothécaires et dans certains cas des techniciens, assumant la responsabilité du développement des collections ont répondu au sondage : 41 personnes provenaient de bibliothèques francophones et une seule d’une bibliothèque anglophone.

rubon8C’est avant tout le Prix littéraire des collégiens (Québec), qui sera dévoilé au Salon international du livre de Québec le 10 avril 2015, qui est jugé très important par 70% des bibliothécaires, qui achètent systématiquement tous les livres sélectionnés et le gagnant. Seulement 22% se limitent à quelques titres sélectionnés et le gagnant de ce prix.

5% répondants jugent très important d’acheter tous les titres de certains prix littéraires du Québec et les gagnants. 64% jugent ces mêmes prix importants. 26% disent acheter occasionnellement certains titres et le gagnant de certains prix littéraires québécois et seulement un répondant juge ces prix pas importants.

L’intérêt est présent pour les prix littéraires français. 62% estiment important d’acheter certains titres sélectionnés par un prix et le gagnant alors que 26% achètent que très occasionnellement certains livres primés. 12% n’accordent aucune importance aux prix littéraires français.

Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d'expression française, créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1896

Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d’expression française, créé par le testament d’Edmond de Goncourt en 1896 Source de la photo L’Express. Tous droits réservés..

 

Finalement, 55% jugent peu important et 10% pas important du tout l’achat de titres sélectionnés ou gagnants de prix littéraires en langue originale ou en traduction. 32 estiment important d’acheter certains titres ou le gagnant et une personne, sans doute la répondante d’un collège anglophone juge très important de procéder à ces achats.

En conclusion, les responsables du développement des collections dans les cégeps accordent une grande importance au Prix littéraire du Québec dont notamment le Prix des collégiens. Ils sont toutefois sélectifs et ils procèdent aux achats en considérant la nature des prix existants. Ils jugent important d’acheter certains titres sélectionnés par les prix littéraires québécois ou français et beaucoup moins ou pas du tout lorsqu’il s’agit de prix littéraires pour les livres en anglais ou traduits de l’anglais.

Ce sondage est une initiative personnelle et n’a aucune valeur scientifique. Il s’inscrit dans une démarche pour faire connaître le travail des bibliothécaires dans les cégeps. Les réponses étant anonymes et l’invitation expédiée par courriel, à partir d’une liste d’envoi ciblée, les résultats publiés sont à titre indicatif.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec maintient à jour une liste exhaustive des Prix littéraires du Québec à ce lien . On trouvera à ce lien une liste des prix littéraires français. Wikipédia propose une liste très exhaustive avec une envergure internationale.

Et vous? Que pensez-vous personnellement de l’intérêt des livres sélectionnés ou gagnants de prix littéraires? Certains sont-ils plus importants que d’autres? Doit-on être sélectif? Utilisez la section « commentaires » ci-bas pour commenter et même nuancer les résultats de ce sondage. Faites part de vos prix favoris!

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Voici les résultats en détails avec les questions posées.

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La lecture des rayons: une opération essentielle!

C’est bien d’offrir beaucoup de livres, mais encore faut-il pouvoir les retrouver en rayons!

En début de session, dans les bibliothèques académiques, beaucoup d’heures sont consacrées à la lecture des rayons. Une tâche répétitive qui sollicite un bon niveau d’attention, de l’acuité visuelle et de surtout beaucoup de ténacité.

En quoi consiste cette opération? Tout simplement de passer en revue, toutes les étagères de la bibliothèque et valider si les livres sont bien rangés en vérifiant chaque cote. Plus précisément : «  La lecture des rayons consiste à examiner la cote de chaque document pour vérifier si le document a été placé au bon endroit sur le rayon. » (Service des bibliothèques de l’Ontario du Sud).IMG_1535

Pourquoi certains livres ne sont pas à leur place? Il faut savoir que les étudiants replacent souvent eux-mêmes les livres en rayons lors de leurs recherches. Dans certains cas, les livres rangés par les usagers se trouvent sur la bonne tablette, mais pas à leur place et parfois sur une autre tablette. Il y a aussi les erreurs lors du rangement des livres par le personnel régulier ou étudiant. Les erreurs, même si elles sont rares, font que certains livres se trouvent à un indice limitrophe (849.9 plutôt que 843.9 ou 631,7 plutôt que 671.7) ou ailleurs.

Un travail d’équipe et modulé. Le plus simple est de procéder à cette opération avec l’ensemble du personnel de soutien, de cette manière tout le monde participe activement à ce travail collectif.  Il faut aussi tenir compte de la fatigue visuelle et en ce sens des périodes maximales de deux heures, suivies ou ponctuées d’une pause ou de quelques arrêts, permettent d’effectuer ce travail avec plus d’efficacité.

Les suivis de cette opération. Cette opération permet avant tout de s’assurer que les livres et les CD/DVD figurant au catalogue sont bel et bien à leur place. On range alors les documents mal classés. Au cours de l’année, il arrive occasionnellement que l’on ne trouve pas un livre. Un registre de ces éléments manquants (livres et documents audiovisuels) est colligé. Au cours de la session, on utilise un calendrier de lecture des rayons pour indiquer où on est rendu et quelles sections ont fait l’objet d’une validation récente. En plus de valider régulièrement au cours de la session, on profite de la lecture des rayons pour vérifier si les éléments catégorisés perdus au registre ne sont pas revenus à leur place.  C’est aussi l’occasion de racheter ces titres ou de radier les notices.

Il arrive également que les techniciennes, ayant une plus grande expérience de la question de l’élagage, identifient des documents pouvant être élagués, notamment d’anciennes éditions de livres.

Explications détaillées de l'Univ. Laval.

Explications détaillées de l’Univ. Laval.

Finalement, dans certains cas, la lecture des rayons peut être faite parallèlement avec l’inventaire. Dans ce cas, on scanne tout simplement les codes à barres et une opération complexe, mais bien décrire par nos collègues  Marcela Folea et Stéphanie Binette du Collège de Rosemont, permet d’associer efficacement les deux opérations.

———–ajout : Ma collègue du Cégep de Rivière-duLoup Joanne Laforest propose une version plus récente de cette opération avec des éléments s’adressant à tous et d’autres pour ceux ayant un SIGB Koha : Procédure complète pour lecture de rayons et inventaire de la collection .

Certaines grandes bibliothèques fonctionnant avec un système à puces (Edmonton et BANQ) procèdent rapidement et efficacement à la lecture des rayons en scannant toutes les étagères. Un livre mal rangé sera automatiquement identifié par le fusil lecteur de puces.

On profite de la lecture des rayons pour partager équitablement entre les tablettes, les livres pour en arriver à une utilisation maximale de 70% de l’espace. On évite ainsi les tablettes remplies à 100% qui rendent impossible l’ajout d’autres documents.

Le facing. Une autre opération, le « facing » relevant du commerce de détail est plus esthétique, mais elle donne l’image d’une bibliothèque en ordre. Il s’agit simplement de passer toutes les étagères en revue et de placer les livres bien droits sur le rebord des tablettes. Cette opération est réalisée par des salariés-élèves ou des stagiaires en insertion au travail.

Des livres bien rangés sont des livres repérables et facilement accessibles.

Des livres bien rangés sont des livres repérables et facilement accessibles.

 

En conclusion, l’opération de la lecture des rayons, que l’on peut répéter occasionnellement pour des sections plus sollicitées, est une activité essentielle au bon fonctionnement d’une bibliothèque. Une lecture des rayons faite régulièrement permet de s’assurer que tous les documents de la bibliothèque se trouvent au bon endroit et qu’ils sont faciles à retrouver.

Et vous qu’elle importance accordez-vous à cette opération? Avez-vous toujours les ressources humaines nécessaires pour procéder à cette opération?  Utilisez la section « commentaires » pour faire part de votre approche dans cette activité.

Ainsi en va t il de la vie au quotidien dans une bibliothèque collégiale ….

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Le rafraîchissement des éditions, c’est aussi une dimension importante du développement des collections.

ancienneChaque année on fixe des objectifs dans le développement des collections. Cette année l’un des objectifs consistait à rafraîchir toute la collection de littérature française et étrangère.  Avec le temps, certaines éditions jaunissent ou avec le prêt répété, ils sont légèrement abîmés. Dans d’autres cas, certains auteurs ne sont plus au programme ou ne suscitent plus un grand enthousiasme comme Paul Claudel. L’occasion est bonne de retirer ces livres et dans certains cas, de les remplacer par des éditions récentes ou des anthologies d’œuvres complètes.IMG_1196

Nous avons racheté 71 livres et nous avons élagué plus de 345 titres!

Voici quelques éléments à considérer :

  1. On ne rachète pas tout. Parfois un ou deux titres d’un auteur présentent encore un intérêt au XXIe siècle. C’est le cas d’Hervé Bazin avec Vipère au poing. Les catalogues d’éditeurs sont utiles pour identifier ces titres.
  1. On rachète des anthologies ou œuvres complètes : c’est le cas de Mauriac (Pochothèque), Marcel Aymé (Quarto Gallimard) ou tout Pagnol chez de Fallois ou Guitry chez Omnibus. Image2
  2. Certaines éditions sont plus complètes ou pertinentes avec un dossier sur l’auteur ou l’intérêt de l’œuvre. C’est le cas de Folio Dossier ou Cahiers rouges chez Grasset.
  1. Dans certains cas, notamment la collection NRF de Gallimard, il peut être utile de faire relier certains livres s’ils n’ont jamais été réédités.

Cette opération permet de rendre nos rayons plus attrayants en retirant les plus livres jaunis et les remplaçant avec des éditions neuves. l’élagage de toute manière fait partie des opérations courantes d’une bibliothèque. On contribue ainsi à améliorer le l’image de la bibliothèque comme lieu ou on retrouve du neuf. Aussi, on fait de l’espace pour les nouveaux achats. On va poursuivre avec la littérature québécoise et canadienne en 2015-16.

Ainsi en va-t-il du quotidien dans une bibliothèque collégiale …

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La dématérialisation de la musique et ses impacts en bibliothèque académique

ZEVm30a_Les étudiants et les autres usagers de la bibliothèque de mon collège empruntent toujours des disques compacts. Depuis deux ans, j’ai noté une baisse de 20% seulement des prêts. Toutefois lorsque l’on jase un peu au comptoir avec ceux et celles qui n’empruntent pas de disques et même ceux qui en empruntent, on constate des changements majeurs dans les habitudes d’écoute.

 

Je vous laisse parcourir la présentation.

Présentation dans le cadre du Colloque des bibliothèques de l’enseignement supérieur
Congrès des milieux documentaires du Québec (Décembre 2014)

Six sources ont été utilisées pour cette réflexion :
1. Observatoire de la culture et des communications du Québec. Les ventes d’enregistrements sonores au Québec en 2013. Optique Culture numéro 16 ( mai 2012)

2. Observatoire de la culture et des communications du Québec. Dix ans de statistiques sur le marché de l’enregistrement sonore au Québec. Optique Culture, numéro 31 (avril 2014)

3. RAPPORT DU GROUPE DE TRAVAIL SUR L’AVENIR DE LA MUSIQUE DANS LES BIBLIOTHEQUES DE LA VILLE DE PARIS (Janvier 2012)

4. Library 2020: Today’s Leading Visionaries Describe Tomorrow’s Library, Scarecrow Press (2013)

5. La musique dématérialisée dans tous ses états !

6. Qu’est-ce que la musique dématérialisée ?

En guise de conclusion

La présentation a été suivie d’une discussion entre collègues.  Le disque compact demeure pour l’instant la base de nos collections. Toutefois, certaines bibliothèques offrent déjà l’accès en ligne à des « collections musicales en ligne » comme Naxos Music Library . Tous conviennent de  suivre de près les expériences FabLab de musique comme ZikLibreenbib et les offres commerciales de collections en ligne.

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Le Français au bureau : un ouvrage colossal!

Le Français au bureau en est à sa 7e édition. Toute personne appelée à rédiger profite, en consultant ce manuel, de l’expertise des professionnels de l’Office de la langue française. ACH003534225.1405742106.580x580L’édition précédente datait de 2005. Lancée à l’automne dernier, par l’Office de la langue française, une nouvelle édition revue et augmentée de cet ouvrage de référence s’imposait. Avec la nouvelle édition, on passe de 754  à 985 pages, soit 231 pages et plus de 2.294 kilos! Heureusement qu’une version numérique existe, elle est vraiment plus pratique. L’ouvrage brille par la précision et l’exhaustivité de son contenu.

 

 

Description et contenu

Une table des matières exhaustive de 22 pages permet de bien saisir l’ampleur et le contenu des 5 chapitres, tous identifiés par une couleur distincte sur la tranche. Un index exhaustif, placé à la fin de l’ouvrage, facilite le repérage de l’information. Le contenu est présenté judicieusement à l’aide d’encadrés et de cinq couleurs correspondantes attribuées à des chapitres.

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Pour la mise à jour, on a tenu compte des questions et des commentaires reçus par les langagiers de l’OLF. Ceux qui utilisent déjà cet ouvrage retrouveront le même contenu, essentiellement enrichi avec les 5 éléments suivants :

  1. Des ajouts dans le répertoire de difficultés grammaticales et orthographiques.
  2. Davantage de cas traités dans les chapitres sur la majuscule, la ponctuation, les abréviations, les sigles, les acronymes et les symboles, ainsi que l’écriture des nombres.
  3. De nouvelles sections traitant des principes de l’écriture Web et de la présentation assistée par ordinateur. C’est là que réside à mon avis la force, l’originalité et la pertinence de l’ouvrage. En fait, on pourrait même éditer un tiré à part avec cette section, tant l’information proposée est originale et unique. Intégrée à la 3esection sur les communications professionnelles, la section « Documents numériques » fait le point sur des éléments essentiels de la communication au quotidien à l’ère d’Internet. La nouvelle section « Nétiquette » devrait être lue par toute personne utilisant le courriel. C’est donc dire que Le français au bureau  ratisse large et s’adresse à un large public.

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4. Finalement, deux nouvelles sections s’ajoutent.  Une vingtaine de nouveaux exemples de lettres et un nouveau chapitre sur le protocole. À ce titre, le complément gratuit en ligne téléchargeables est assurément une initiative utile. Dans le cas de l’enseignement collégial, ce genre de matériel pédagogique est souvent requis par nos programmes s’adressant à des adultes effectuant un retour aux études. La trentaine de références à des éléments de protocole (courtoisie au téléphone, courriel, vouvoiement) a encore sa place dans notre société.  Autant pour les communications écrites qu’orales, l’ouvrage permet d’utiliser un ton juste et des formulations langagières appropriées.modele

 

 

 

 

 

 

  1. La version numérique. L’éditeur propose la version numérique en format PDF à 32.00$.  La version papier régulière est vendue 39.95$. L’interface transactionnelle des Publications du Québec est conviviale. On a droit à 3 téléchargements avec la licence. Sur un ordinateur ou sur une tablette, on navigue de trois manières dans le texte : à l’aide de la table des matières, dont les titres sont dynamiques (on utilise des liens hypertextuels infrapages), à l’aide de l’index qui est aussi dynamique ou finalement avec la fonction de recherche, propre aux documents en format PDF. Ces trois manières sont  simples  et efficaces  pour un fichier de 985 pages.

Le Français au bureau n’est pas le genre de manuel que l’on lit de la première à la dernière page, sauf peut-être la partie « Documents numériques », de la 3e section,  qui mérite une lecture attentive pour bien assimiler les nouvelles pratiques rédactionnelles à l’ère numérique.    Son usage est plutôt au niveau de la rédaction au quotidien. On rédige un texte à l’ordinateur. On s’interroge sur l’usage d’un mot lors de la rédaction ou de la révision. On consulte l’index du manuel et on accède à l’information recherchée en se promenant au travers des 985 pages. On procède de la même manière, avec un peu plus de rapidité et de facilité, sans soulever plus de 2 kilos, avec la version ordinolingue.  À ce titre le Français au bureau est complémentaire, à mon sens, au Grand dictionnaire terminologique (GDT) et la Banque de dépannage linguistique, deux produits phares de l’OLF.

Au niveau de l’usage dans un cadre pédagogique, en 2005 les Publications du Québec éditaient sur papier le complément : Le Français au bureau en exercices. Par la suite, le Centre collégial de développement de matériel didactique  allait de l’avant avec une version en ligne Le Français au bureau en exercices en ligne.  Avec la nouvelle édition de 2014, ces deux compléments méritent une suite.

 En conclusion, Le Français au bureau est un ouvrage essentiel pour la rédaction. La version numérique nous mène, en deux clics, directement à l’information et me semble plus adapté au contexte de rédaction à l’écran d’aujourd’hui. On peut consulter gratuitement cet extrait gratuit pour un premier aperçu de l’ouvrage.

Daniel Marquis, bib. prof. et conseiller pédagogique

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Le nouveau Profil TIC du réseau collégial tient la route mais soyons à l’affût!

Stéphanie Simard,  doctorante en psychopédagogie à l’Université de Montréal et intéressée par l’intégration pédagogique des compétences informationnelles, nous invite dans son billet, publié dans le blogue collectif Tribune Compétences informationnelles, à étudier la pertinence du nouveau cadre de l’ACRL dans notre pratique et à lui faire part de nos commentaires et de nos résultats à cet égard. Voici mes commentaires.

Demain le 7 novembre, au Cégep de Saint-Laurent, les bibliothécaires du Rebicq (Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec) rencontrent en matinée quelques collègues du Reptic (Regroupement des responsables de l’intégration des Tic à l’enseignement). Il sera question de la nouvelle mouture du Profil Tic et notamment l’habileté 1 : Rechercher l’information. Cette habileté (Planifier la recherche, Effectuer la recherche, Évaluer la qualité de l’information et Organiser les documents) qui repose en fait sur le cadre de référence de l’ACRL (Information Literacy Competency  Standards for Higher Education) qui avait été traduit par le comité des bibliothèques de la CREPUQ en 2005. J’étais présent au Collège André-Grasset, lorsque la première version de l’habileté 1.0 du profil a été esquissée. Voici l’encart qui résume cette approche:

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Alors que dans le réseau collégial, les bibliothécaires vont de l’avant avec ce nouveau profil revu et amélioré (en fait on utilise l’ancien depuis 2009) voici que nos cousins américains de l’ACRL, voulant élargir le référentiel normatif de compétences, y vont avec une approche carrément différente, qui s’éloigne comme tu le mentionnes si bien « de la visée technicienne et pragmatique des normes de compétences informationnelles » pour utiliser des concepts-seuil (merci de la traduction!) afin de « soutenir une transformation des comportements documentaires des étudiants et de leurs attitudes envers les TIC en général. »

Ce changement de paradigme est illustré par le numéro no. 2 (2013) de la revue Communications in Information Literacy.standard J’ai eu le temps de lire quelques articles et effectivement, 13 ans plus tard, nos collègues proposent  de repenser les concepts : besoins d’information, compétences informationnelles et habiletés à extraire l’information. Cette nécessité provient de l’expérience sur le terrain des bibliothécaires qui constatent que l’ “experience in the information search process that reveal an evolving, dynamic, holistic process incorporating a series of feelings (affective), thoughts (cognitive) and actions (physical) as described in the six stage model of the ISP (Kuhlthau, 2004)”.

Dans ce contexte, la question se pose : est-on sur la bonne voie? Le modèle que nous apprêtons à retenir est-il, 13 ans plus tard déjà dépassé? Ma réponse est simple : non. Notre profil tient la route à cause de la spécificité des cégeps qui ont adopté l’approche par compétence. Les habiletés et les objectifs font référence aux compétences et aux éléments de compétences de nos programmes d’études. En ajoutant deux habiletés transversales : Travailler en réseau et Exploiter les Tic de manière efficace et responsable (éthique) on cadre vraiment avec le monde dans lequel évolue et vont évoluer nos étudiants.  D’ailleurs sur le site de l’ACRL les standards de compétences en vigueur pour 2014-15 demeurent inchangés. Il est question d’un groupe de travail qui planche sur une révision.

Ceci dit notre profil est appelé à s’adapter. La nouvelle version présentée demain en témoigne. En cens il est pertinent de suivre de près les travaux de nos collègues de l’ACRL notamment les travaux de KUHLTHAU, MANIOTES, CASPARI sur le processus de recherche de l’information.

Dans mon cas, en début d’année, j’aligne mes ateliers de formation à la recherche documentaire sur les éléments de connaissances spécifiques aux programmes et sur les élément du profil TIC. Je fais également occasionnellement, pour des ateliers de 2e niveau du « Mapping » Il s’agit simplement de configurer  de manière graphique et conceptuelle, un atelier de formation offert dans le cadre d’un cours avec les objectifs, les compétences et habilités TIC et informationnelles du programme. L’indicateur de performance, pour reprendre un terme à la mode,  est le nombre de références et le tout se fait dans un cadre éthique (une habileté transversale) en citant ses sources. A ce titre, cet article « The Essentials of Baccalaureate Education for Professional Nursing Practice&The Essentials of Master’s Education in Nursing As They Apply to the ACRL Information Literacy Competency Standards » sur une expérience de mapping dans le cadre d’un programme de nursing, m’inspire beaucoup lorsque j’interviens dans le programme de soins infirmiers.

La question d’un modèle conceptuel pour encadrer et intervenir au plan de la recherche et de l’utilisation de l’information reste donc ouverte.

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