Le nouveau Profil TIC du réseau collégial tient la route mais soyons à l’affût!

Stéphanie Simard,  doctorante en psychopédagogie à l’Université de Montréal et intéressée par l’intégration pédagogique des compétences informationnelles, nous invite dans son billet, publié dans le blogue collectif Tribune Compétences informationnelles, à étudier la pertinence du nouveau cadre de l’ACRL dans notre pratique et à lui faire part de nos commentaires et de nos résultats à cet égard. Voici mes commentaires.

Demain le 7 novembre, au Cégep de Saint-Laurent, les bibliothécaires du Rebicq (Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec) rencontrent en matinée quelques collègues du Reptic (Regroupement des responsables de l’intégration des Tic à l’enseignement). Il sera question de la nouvelle mouture du Profil Tic et notamment l’habileté 1 : Rechercher l’information. Cette habileté (Planifier la recherche, Effectuer la recherche, Évaluer la qualité de l’information et Organiser les documents) qui repose en fait sur le cadre de référence de l’ACRL (Information Literacy Competency  Standards for Higher Education) qui avait été traduit par le comité des bibliothèques de la CREPUQ en 2005. J’étais présent au Collège André-Grasset, lorsque la première version de l’habileté 1.0 du profil a été esquissée. Voici l’encart qui résume cette approche:

profiltic

 

 

 

 

Alors que dans le réseau collégial, les bibliothécaires vont de l’avant avec ce nouveau profil revu et amélioré (en fait on utilise l’ancien depuis 2009) voici que nos cousins américains de l’ACRL, voulant élargir le référentiel normatif de compétences, y vont avec une approche carrément différente, qui s’éloigne comme tu le mentionnes si bien « de la visée technicienne et pragmatique des normes de compétences informationnelles » pour utiliser des concepts-seuil (merci de la traduction!) afin de « soutenir une transformation des comportements documentaires des étudiants et de leurs attitudes envers les TIC en général. »

Ce changement de paradigme est illustré par le numéro no. 2 (2013) de la revue Communications in Information Literacy.standard J’ai eu le temps de lire quelques articles et effectivement, 13 ans plus tard, nos collègues proposent  de repenser les concepts : besoins d’information, compétences informationnelles et habiletés à extraire l’information. Cette nécessité provient de l’expérience sur le terrain des bibliothécaires qui constatent que l’ “experience in the information search process that reveal an evolving, dynamic, holistic process incorporating a series of feelings (affective), thoughts (cognitive) and actions (physical) as described in the six stage model of the ISP (Kuhlthau, 2004)”.

Dans ce contexte, la question se pose : est-on sur la bonne voie? Le modèle que nous apprêtons à retenir est-il, 13 ans plus tard déjà dépassé? Ma réponse est simple : non. Notre profil tient la route à cause de la spécificité des cégeps qui ont adopté l’approche par compétence. Les habiletés et les objectifs font référence aux compétences et aux éléments de compétences de nos programmes d’études. En ajoutant deux habiletés transversales : Travailler en réseau et Exploiter les Tic de manière efficace et responsable (éthique) on cadre vraiment avec le monde dans lequel évolue et vont évoluer nos étudiants.  D’ailleurs sur le site de l’ACRL les standards de compétences en vigueur pour 2014-15 demeurent inchangés. Il est question d’un groupe de travail qui planche sur une révision.

Ceci dit notre profil est appelé à s’adapter. La nouvelle version présentée demain en témoigne. En cens il est pertinent de suivre de près les travaux de nos collègues de l’ACRL notamment les travaux de KUHLTHAU, MANIOTES, CASPARI sur le processus de recherche de l’information.

Dans mon cas, en début d’année, j’aligne mes ateliers de formation à la recherche documentaire sur les éléments de connaissances spécifiques aux programmes et sur les élément du profil TIC. Je fais également occasionnellement, pour des ateliers de 2e niveau du « Mapping » Il s’agit simplement de configurer  de manière graphique et conceptuelle, un atelier de formation offert dans le cadre d’un cours avec les objectifs, les compétences et habilités TIC et informationnelles du programme. L’indicateur de performance, pour reprendre un terme à la mode,  est le nombre de références et le tout se fait dans un cadre éthique (une habileté transversale) en citant ses sources. A ce titre, cet article « The Essentials of Baccalaureate Education for Professional Nursing Practice&The Essentials of Master’s Education in Nursing As They Apply to the ACRL Information Literacy Competency Standards » sur une expérience de mapping dans le cadre d’un programme de nursing, m’inspire beaucoup lorsque j’interviens dans le programme de soins infirmiers.

La question d’un modèle conceptuel pour encadrer et intervenir au plan de la recherche et de l’utilisation de l’information reste donc ouverte.

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2 réponses à Le nouveau Profil TIC du réseau collégial tient la route mais soyons à l’affût!

  1. Bonjour Daniel,

    Effectivement, le cadre sous-jacent au Profil TIC des étudiants du collégial, version 2014, ressemble à celui de l’ACRL : on parle maintenant en termes de savoir-faire et de savoir-être où la technologie sert de support au développement et à la maîtrise de ceux-ci. Selon nous, cette approche garantit une pérennité au Profil TIC 2014 : les savoir-faire et les savoir-être seront toujours sensiblement les mêmes, tandis que les technologies évolueront encore et toujours. Qu’on pense, par exemple, aux outils de veille (fils RSS) et aux réseaux sociaux (Twitter) pour se tenir informé, pour communiquer, ou aux différents moyens qui sont maintenant offerts pour conserver ses références médiagraphiques.

    Un autre avantage du recours à l’approche « par compétences » du Profil TIC 2014, c’est que celle-ci permet de définir un ensemble de « tâches à réaliser » qui servent à attester de la maîtrise ou non de l’objectif ou de l’habileté. Comme le soulignait Nathalie Simard, la doctorante en psychopédagogie à l’Université de Montréal dont tu parles dans ton billet, le nouveau cadre de l’ACRL « est beaucoup plus aligné avec les visées des programmes qui mettent en œuvre l’approche par compétences, ce qui lui donne davantage de pistes pour mieux les soutenir ». Nous pensons qu’il en est de même pour le Profil TIC 2014 et la collaboration REBICQ/REPTIC ne pourra qu’aider à identifier et à appliquer de pistes porteuses.

    Je profite de ce commentaire pour remercier les membres de l’équipe formation documentaire du REBICQ et le chargé de projet Diapason (Philippe Lavigueur) pour leur participation à la conception et à la validation de l’habileté 1 (rechercher l’information) du Profil TIC des étudiants 2014. Cette collaboration permet d’assurer que nous parlons un langage commun et tu m’en vois ravie ! Au plaisir de se parler de tout cela demain !

  2. Simard dit :

    Bonjour Daniel,

    Merci pour ce commentaire très constructif.

    Le référentiel de compétences ProfilTic que tu nous présentes est sublime.

    J’apprécie particulièrement l’articulation des cinq compétences générales et des compétences particulières s’y rattachant.

    J’ai une question : quels seraient les différents indicateurs, observables et mesurables, qui témoigneraient d’une progression dans le développement des compétences ici présentées?

    Par exemple, item 2.2 « Effectuer l’analyse de l’information »

    Préalable (fin du secondaire) : ??
    Début (fin du CÉGEP) : ???
    En développement (fin du BACC) : ????
    En perfectionnement (sur le marché du travail) : ????

    Je crois qu’indépendamment du référentiel de base que l’on utilise, ces indicateurs observables et mesurables doivent y figurer.

    Si une compétence est une action, une séquence de gestes réalisés dans un contexte précis, il faut donc articuler les compétences informationnelles en termes d’action, préciser les trajectoires de leur développement et déterminer les différents stades de développement avec des indicateurs observables qui ont du sens dans un contexte disciplinaire, c’est-à-dire pour une intégration dans un programme d’enseignement. Et surtout, des indicateurs qui ont du sens pour l’apprenant. Ainsi, ce dernier pourra effectuer une prise de conscience de la progression de son développement de compétences informationnelles et alors la réguler.

    Je vous souhaite une excellente rencontre demain, j’aurais aimé y assister.

    Au plaisir,
    Stéphanie

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