Le nouveau Profil TIC du réseau collégial tient la route mais soyons à l’affût!

Stéphanie Simard,  doctorante en psychopédagogie à l’Université de Montréal et intéressée par l’intégration pédagogique des compétences informationnelles, nous invite dans son billet, publié dans le blogue collectif Tribune Compétences informationnelles, à étudier la pertinence du nouveau cadre de l’ACRL dans notre pratique et à lui faire part de nos commentaires et de nos résultats à cet égard. Voici mes commentaires.

Demain le 7 novembre, au Cégep de Saint-Laurent, les bibliothécaires du Rebicq (Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec) rencontrent en matinée quelques collègues du Reptic (Regroupement des responsables de l’intégration des Tic à l’enseignement). Il sera question de la nouvelle mouture du Profil Tic et notamment l’habileté 1 : Rechercher l’information. Cette habileté (Planifier la recherche, Effectuer la recherche, Évaluer la qualité de l’information et Organiser les documents) qui repose en fait sur le cadre de référence de l’ACRL (Information Literacy Competency  Standards for Higher Education) qui avait été traduit par le comité des bibliothèques de la CREPUQ en 2005. J’étais présent au Collège André-Grasset, lorsque la première version de l’habileté 1.0 du profil a été esquissée. Voici l’encart qui résume cette approche:

profiltic

 

 

 

 

Alors que dans le réseau collégial, les bibliothécaires vont de l’avant avec ce nouveau profil revu et amélioré (en fait on utilise l’ancien depuis 2009) voici que nos cousins américains de l’ACRL, voulant élargir le référentiel normatif de compétences, y vont avec une approche carrément différente, qui s’éloigne comme tu le mentionnes si bien « de la visée technicienne et pragmatique des normes de compétences informationnelles » pour utiliser des concepts-seuil (merci de la traduction!) afin de « soutenir une transformation des comportements documentaires des étudiants et de leurs attitudes envers les TIC en général. »

Ce changement de paradigme est illustré par le numéro no. 2 (2013) de la revue Communications in Information Literacy.standard J’ai eu le temps de lire quelques articles et effectivement, 13 ans plus tard, nos collègues proposent  de repenser les concepts : besoins d’information, compétences informationnelles et habiletés à extraire l’information. Cette nécessité provient de l’expérience sur le terrain des bibliothécaires qui constatent que l’ “experience in the information search process that reveal an evolving, dynamic, holistic process incorporating a series of feelings (affective), thoughts (cognitive) and actions (physical) as described in the six stage model of the ISP (Kuhlthau, 2004)”.

Dans ce contexte, la question se pose : est-on sur la bonne voie? Le modèle que nous apprêtons à retenir est-il, 13 ans plus tard déjà dépassé? Ma réponse est simple : non. Notre profil tient la route à cause de la spécificité des cégeps qui ont adopté l’approche par compétence. Les habiletés et les objectifs font référence aux compétences et aux éléments de compétences de nos programmes d’études. En ajoutant deux habiletés transversales : Travailler en réseau et Exploiter les Tic de manière efficace et responsable (éthique) on cadre vraiment avec le monde dans lequel évolue et vont évoluer nos étudiants.  D’ailleurs sur le site de l’ACRL les standards de compétences en vigueur pour 2014-15 demeurent inchangés. Il est question d’un groupe de travail qui planche sur une révision.

Ceci dit notre profil est appelé à s’adapter. La nouvelle version présentée demain en témoigne. En cens il est pertinent de suivre de près les travaux de nos collègues de l’ACRL notamment les travaux de KUHLTHAU, MANIOTES, CASPARI sur le processus de recherche de l’information.

Dans mon cas, en début d’année, j’aligne mes ateliers de formation à la recherche documentaire sur les éléments de connaissances spécifiques aux programmes et sur les élément du profil TIC. Je fais également occasionnellement, pour des ateliers de 2e niveau du « Mapping » Il s’agit simplement de configurer  de manière graphique et conceptuelle, un atelier de formation offert dans le cadre d’un cours avec les objectifs, les compétences et habilités TIC et informationnelles du programme. L’indicateur de performance, pour reprendre un terme à la mode,  est le nombre de références et le tout se fait dans un cadre éthique (une habileté transversale) en citant ses sources. A ce titre, cet article « The Essentials of Baccalaureate Education for Professional Nursing Practice&The Essentials of Master’s Education in Nursing As They Apply to the ACRL Information Literacy Competency Standards » sur une expérience de mapping dans le cadre d’un programme de nursing, m’inspire beaucoup lorsque j’interviens dans le programme de soins infirmiers.

La question d’un modèle conceptuel pour encadrer et intervenir au plan de la recherche et de l’utilisation de l’information reste donc ouverte.

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MediaFilm+Plus : un outil documentaire intéressant et pertinent pour le réseau collégial.

Depuis quelques jours, le site MédiaFilm est présenté sous une nouvelle interface avec un contenu enrichi. Je vous propose brièvement mon expérience d’usage de quelques jours de cette ressource en ligne et quelques commentaires sur sa pertinence et son intérêt pour le réseau collégial et plus spécifiquement les bibliothèques.  Pour écrire ce billet,  je n’ai pas utilisé la Grille d’évaluation des bases de données utilisées habituellement par le  Cebad, un comité chargé par le Regroupement des bibliothèques collégiales (Rebicq) d’évaluer et de négocier une entente d’achats regroupés.  Je  laisse à ma collègue de Jonquière et aux membres de ce comité, ce travail exhaustif d’évaluation.  On trouvera plutôt dans les paragraphes qui suivent, une évaluation ou une appréciation qualitative et pédagogique d’un cinéphile et bibliothécaire, passionné par le cinéma.

La collection de dvd (Fiction) au Cégep de Granby  ⒸBiblioweb Cégep de Granby

1.     Quel intérêt pour le cinéma au collégial?

La question mérite d’être posée puisque les collections de DVD varient d’une bibliothèque collégiale à une autre. Avant tout, il existe, au Cégep de Granby, dans le programme Arts et Lettres et communications (500.A1) un profil cinéma et communication et dans l’ensemble du programme, des films sont proposés par les enseignants.  Certains films ou extraits sont présentés en classe et les étudiants se présentent régulièrement à la bibliothèque avec une liste de films à visionner.  Cet usage s’étend à l’ensemble des étudiants par un cours commun de français adapté aux programmes ou la présentation de l’adaptation d’une œuvre cinématographique tirée d’un roman (exemple : Journal d’un curé de campagne, roman de Bernanos (1936) et film de Bresson (1950, version remastérisée de Critérion).

L’usage du cinéma ne se limite pas au programme ALC. Le cinéma est utilisé dans certains cours d’histoire pour témoigner d’événements historiques. Actuellement, une série de 16 films sont placés à la réserve par un enseignant en histoire. On retrouve parmi  les titres Z (Costa-Gavras),  Rouge (Warren Beautty), CHE (Soderbergh) et La Bataille d’Alger de Pontecorvo, un classique du genre de 1966. À ce sujet, le Ciné-Club de Caen propose en ligne une liste étonnante de films classés par période historique.  On lira aussi avec  intérêt les réflexions de l’historien Marc Ferro : Cinéma et histoire.

En plus des cours d’histoire, le cinéma est utilisé en philosophie (Socrate de Rossellini, 1970 ou Hannah Arendt, 2012). Les enseignants de psychologie ou de sociologie, en plus des programmes de soins infirmiers et d’Éducation spécialisée utilisent à l’occasion certains films abordant des thématiques spécifiques comme la thérapie par le rire ou les familles dysfonctionnelles. Il est question ici des films de fiction, car les documentaires sont d’usage courant.

À la question posée, je réponds oui : le cinéma présente un grand intérêt pour plusieurs programmes et plusieurs cours. Certaines bibliothèques collégiales possèdent de bonnes collections sur DVD ou souscrivent à des collections en ligne, notamment Campus de l’ONF et Criterion on demand.

Au niveau de la question des droits de diffusion, le gouvernement conservateur a récemment modifié la Loi sur le droit d’auteur et il est maintenant légal de présenter en classe un film sans verser de redevances. Voir à ce sujet un billet précédent .

2.     MédiaFilm+Plus : un outil documentaire pertinent pour le milieu collégial.

Mon usage de quelques jours, tant au travail qu’à la maison, du site MédiaFilm+Plus m’amène à conclure que la version payante du site sera utile à la fois aux bibliothécaires, aux enseignants et aux étudiants. Bref tout le réseau collégial aurait avantage à utiliser cette ressource.

2.1  Un premier coup d’œil

En arrivant sur le site, on constate une interface dynamique offrant clairement 3 ressources.

MédiaFilm: c’est la version gratuite destinée au grand public. On peut y consulter la notice des films disponibles « En salle » ou bientôt disponibles. Une application de localisation permet d’obtenir l’horaire de présentation du film dans les salles de ma ville. Pratique! Une autre section « À la maison » propose les notices des films disponibles sur DVD ou en Vidéo sur demande. Finalement « Dans ma télé » offre un outil inédit et exceptionnel : tous les films présentés à la télévision, par jour et par heure avec un tri selon les cotes de MédiaFilm : 1 à 7. Dans tous les cas, les fiches signalétiques des films proposés sont disponibles.

MédiaFilm+Plus : C’est la version payante, enrichie, destinée aux cinéphiles et aux professionnels. On obtient à la version de base plus un accès illimité à la base de données de 70 000 films.

La base de données propose 2 niveaux de recherche : de base et avancée.  La recherche de base (titre, nom et mot-clé) à Xavier Dolan, donne 9 occurrences, soit 5 films réalisés par Dolan et 4 autres où il est acteur). La recherche avancée (Titre, Noms, Mot-clés, Cote, Genre, Pays, Années) à François Truffaut avec la Cote 1 (Remarquable) donne 3 films.  Une recherche un mot « croisades » donne 20 items, comprenant des films abordant le thème médiéval des croisades et des films où l’on retrouve le mot croisade dans le résumé «  un vieillard entraîne dans ses croisades un vieux concierge ». En ajoutant une limite par le genre (Historique) je n’obtiens aucun résultat. Une recherche au mot-clé « Berlin » avec  le genre historique donne 15 items alors qu’une recherche au mot autisme propose  14 films.

Médiafil est un service de presse destiné aux journalistes et aux médias.

La fiche d’un film.

La fiche que l’on nomme parfois dans notre jargon la fiche signalétique est proposée en mode simplifié et en mode avancé.

Mode simplifié (nommée aussi Cote Médiafilm et reproduite dans les médias depuis 50 ans, rappelez-vous le TVHebdo!), avec les éléments suivants

  • Le titre
  • La cote
  • Une image de l’affiche
  • Une mention si le film est présenté à l’écran
  • Le classement de la régie
  • Le pays d’origine de la production
  • La date de la création
  • Le genre
  • Le réalisateur
  • Les principaux interprètes
  • Un rappel du classement de la Régie du cinéma
  • Un résumé
  • Un lien vers la bande-annonce
  • Une option d’ajouter le titre à une liste personnelle
  • Une option d’impression
  • Une option de partage sur les réseaux sociaux
  • Première vue minimale d’une fiche

La suite de la fiche pour le mode avancé s’affiche si l’on clique sur l’image proposée, ce qui n’est pas évident au premier coup d’œil. Un élément plus clair répondant à des normes d’ergonomie cognitive serait utile!

————————————————————————————————–Addenda du 29 octobre 2014 : Le webmestre de MédiaFilm a communiqué avec moi et l’accès à la fiche principale se fait à l’aide du titre et de la mention Fiche du film en plus de l’image.                                                                            —————————————————————————————————

On obtient une notule Mediafilm, soit une fiche synthèse. Voici une saisie d’écran de la fiche du film Jules et Jim :

 

Vue détaillée d’une fiche

  • Voici les éléments de la fiche complète :
  • Une galerie d’images (16 au total pour Jules et Jim, mais sans crédits)
  • Le genre
  • L’année de production
  • La durée
  • Le réalisateur
  • Des crédits de scénarisation
  • La photographie
  • La musique
  • Le montage
  • Le pays de production
  • Le distributeur
  • Les principaux interprètes
  • Un résumé plus exhaustif
  • L’avis de médiafilm
  • De très très courts extraits de critiques publiés dans les journaux et les magazines
  • Une option d’ajouts de commentaires personnels qui seront ajoutés à la notice

Les éléments nominatifs de la notice sont indexés. Donc pour la fiche du film Jules et Jim, en cliquant sur le nom de l’interprète Jeanne Moreau on obtient 87 occurrences à des films auxquels elle a participé. Utile!

2.2  Pour les bibliothécaires

Au niveau professionnel, le site est un outil documentaire intéressant à plusieurs niveaux.

Développement et enrichissement des collections. Pour procéder aux choix des titres à acquérir sur DVD, le site offre un outil permettant d’être au courant, chaque semaine, des nouveaux titres disponibles sur DVD. La liste n’est pas exhaustive, mais elle va à l’essentiel. Pour une liste exhaustive, le site DVD en français est plus complet. MédiaFilm est également un outil intéressant si un enseignant nous demande de développer une collection sur un thème comme le moyen-âge.

Outils documentaires pour soutenir les recherches. On peut considérer MédiaFilm comme une large encyclopédie de titres de films, interactive et continuellement mise à jour.

Enrichissement de notices. Cet usage reste à valider au niveau légal, mais notre catalogue, pour plusieurs films, contient déjà les résumés diffusés par MédiaFilm et nous les obtenons par l’intermédiaire du catalogage dérivé de la Société documentaire multimédia (SDM). Un abonnement institutionnel permettrait de mieux soutenir l’organisme qui contribue à l’enrichissement de nos notices.

2.3  Pour les enseignants.

L’enseignant va trouver, avec un accès local ou à distance, un outil intéressant à titre personnel, s’il s’intéresse au cinéma. Un des éléments qui sera considéré pour renouveler aussi l’abonnement de la part de la bibliothèque sera son usage et sa pertinence au niveau pédagogique. Si certains enseignants du programme ALC exigent de la part de leurs étudiants un compte rendu réalisé à partir de la base de données de 70 000 films, il est bien certain que le responsable de la bibliothèque sera plus enclin à souscrire un abonnement.  Sans véritable encrage dans les exigences posées par les enseignants, certains seront tentés de se limiter à un usage grand public gratuit.

2.4  Pour les étudiants.

L’accès grand public présente déjà un certain avantage pour l’étudiant. Ils sont nombreux à emprunter des DVD à notre bibliothèque et encore plus nombreux à regarder les films diffusés à la télévision.  L’accès à la version payante à partir du réseau informatique du cégep permettra d’accéder aux notices descriptives des 70 000 films. L’accès à la maison, avec l’authentification par l’intermédiaire d’un serveur mandataire, permettra de répondre aux exigences posées par les enseignants.

3.      En marge et concurrence.

En marge du site, MédiaFilm propose sous l’onglet « Dans le classeur » des informations sur les cotes, les classiques, les festivals, les récompenses, les rétrospectives et les thématiques. On trouvera des liens vers tous les films cités.

Au niveau des plates-formes, Médiafilm ne propose pas encore d’apps pour iPad ou Android, mais le site est  bien optimisé pour une consultation sur une tablette, notamment l’iPad.

Au niveau d’outils similaires en ligne, on mentionnera l’étonnante IMDB et les sites AllMovie , Films du Québec et DVD en francais.  Dans le cas d’IMDB, le site est exclusivement en anglais et il est beaucoup plus exhaustif au niveau des documentaires.  Le site Film du Québec est intéressant, mais incomplet.  Il n’existe pas d’outil documentaire comparable à MédiaFilm sur le maché francophone à l’exception d’AlloCiné.  Toutefois il s’agit d’un site avec beaucoup de publicités et plus optimisé pour le marché français. DVD en français est intéressant pour l’actualité de la distribution des films.

En conclusion

Selon mon analyse qualitative personnelle, ayant en tête l’usage du cinéma à des fins pédagogiques dans mon collège, je recommande un abonnement à MédiaFilm pourvu qu’un usage pédagogique soit validé par les enseignants, notamment du programme d’Arts, Lettres et Communication et que dans le cadre de certains travaux de recherche, son usage chez les étudiants soit obligatoire pour effectuer un travail sur un réalisateur ou un film.

Reste à savoir si le budget de ressources numériques, en plus d’être indexé, fera l’objet d’une légère augmentation pour souscrire un abonnement à cette ressource.

Daniel Marquis, bibliothécaire professionnel et conseiller pédagogique

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Lorsque que les dictionnaires spécialisés ne donnent pas la réponse

Contexte

Pour répondre aux exigences des enseignants, les étudiants du niveau collégial doivent bien circonscrire leur sujet. Pour ce faire, l’usage de dictionnaires spécialisés est essentiel. Si on se limite aux ouvrages en français, malgré l’exhaustivité de la collection (25 dictionnaires de psychologie), pour certains concepts, on ne trouve pas toujours de référence. C’est le cas pour des problématiques spécifiques au Québec, comme le virage ambulatoire ou des réalités nouvelles ne figurant pas encore dans les dictionnaires.  Prenons les concepts suivants : hypersexualisation, intimidation ou cyberintimidation, « virage ambulatoire » et « réingénierie des processus administratifs ». Aucune définition dans nos ouvrages de psychologie ou de sociologie.

 

 

Trois options

Dans ces cas, trois options s’offrent au personnel du comptoir de la référence:

  1. La recherche de définitions dans des monographies sur le même sujet. Les auteurs prennent généralement le temps de définir leurs concepts et certains livres ou manuels offrent même des glossaires.

2. La même recherche dans les index de périodiques et journaux.

Par exemple dans Eureka :

Le Soir FORUM, samedi 13 décembre 2008, p. 20 Que signifie l’« hypersexualisation » ?

Il s’agit d’un concept assez nouveau, constate Geneviève Marier, sexologue à Montréal. La définition la plus claire, on la doit à la psychologue québécoise Sylvie Richard-Bessette qui le définit comme un « usage excessif de stratégies axées sur le corps dans le but de séduire » ».

3. Sinon, une alternative rapide et séduisante : la recherche sur internet en se limitant à des sites répondants à certains critères. C’est cette deuxième option que nous allons brièvement développer.

La recherche sur Internet de définitions dans un cadre académique.

Avec Google, l’opérateur «define:» permet de trouver facilement la définition d’un mot. Il s’agit d’inscrire define: suivi du concept ou de l’expression exacte que l’on cherche. Il faut s’assurer de ne pas insérer d’espace entre le mot et l’opérateur comme dans les exemples suivants :

Define:intimidation     Define:Cyberintimidation     Define:hypersualisation    Define:virage ambulatoire

Les résultats sont variables. L’idée est de ne retenir que les sites répondants à des critères connus de pertinence dans un cadre académique. Les plus importants sont le ou les auteurs (individuels ou collectifs), la nature du site ainsi la date de mise à jour. Pour une liste complète de 8 critères on consultera ce biblioguide.

Doit-on retenir les définitions anonymes proposées par les wikis comme Wikipédia?

Si l’enseignant accorde de l’importance à l’auteur, des noms comme Popo le chien ou Ange Gabriel (voir l’article sur l’hypersexualisation) n’auront aucune crédibilité. Toutefois, dans Wikipédia, les sources sont souvent citées et dans le cas de l’article sur l’hypersexualisation on fait référence à une définition proposée par une psychologue et figurant dans le journal Le Devoir. Dans ce cas, en citant directement la source retenue pour la rédaction de l’article dans Wikipédia, la définition pourra être retenue.

Sinon, une recherche avec l’opérateur define: proposera des résultats vers plusieurs sites. Il s’agira de ne retenir que ceux répondant à des critères connus.

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Un dossier clos : le ministre s’excuse et la preuve est faite : bibliothèque = livres= réussite scolaire = littéracie

Avant tout, ce dossier est clos. Dans un premier temps le ministre  Bolduc affirmait que l’achat de nouveaux livres n’était pas nécessaire pour plusieurs écoles :

Le ministre Yves Bolduc, Ministre de l'éducation

 «Il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s’empêcher de lire, parce qu’il existe déjà des livres [dans les bibliothèques]. J’aime mieux que les commissions scolaires achètent moins de livres. Nos bibliothèques sont déjà bien équipées», a déclaré le ministre au quotidien. »

 

Par la suite, quelques jours plus tard …

Le ministre de l’Éducation du Québec, Yves Bolduc, fait acte de contrition pour ses propos banalisant la baisse de financement pour l’achat de livres dans les écoles. Il affirme maintenant qu’il demandera aux commissions scolaires de « rétablir les budgets des bibliothèques » et qu’il va s’assurer « qu’on puisse avoir des livres dans les écoles ».

Caricature publiée dans le journal Le Devoir

« Je tiens à le dire, je suis très malheureux de la déclaration que j’ai faite. Ça a été une déclaration très malhabile », a déclaré le ministre Bolduc mardi matin en marge du Conseil des ministres. « Ça ne représente vraiment pas ma pensée. Je suis quelqu’un qui croit dans la lecture, qui veut que les jeunes apprennent ».                       « Je le regrette, je m’excuse, et je comprends que ça a créé une grande controverse » — Yves Bolduc, ministre de l’Éducation du Québec

 

Toutefois, qu’un ex-éditorialiste prenne la défense du ministre et remette en question l’existence et la pertinence des bibliothèques scolaires (voir le billet précédent)) démontre le peu d’intérêt de certaines personnes bien pensantes qui « en veulent plus pour leur piastre ».

De tous les commentaires publiés celui d’Alain Dubuc de La Presse, mérite une mention avec l’adéquation : bibliothèques scolaires – livres – réussite scolaire et littéracie. Je reproduis intégralement sa contribution tant la démonstration est claire et limpide. Une clarté et une limpidité qui manque beaucoup à Monsieur Valère Audy. Voici le texte intégral de son article:

Alain Dubuc

—–Parfois, les écarts verbaux des politiciens sont plus que des gaffes. C’est le cas de la sortie du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, sur les bibliothèques scolaires. Il n’a pas commis une gaffe, il a proféré une véritable hérésie en disant, au sujet des compressions qui pourraient affecter les budgets d’acquisition des bibliothèques scolaires, qu’il «n’y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s’empêcher de lire, parce qu’il existe déjà des livres».

C’est, au départ, un très mauvais diagnostic, parce qu’on peut montrer pourquoi il est important de bien garnir les bibliothèques scolaires. Mais surtout, M. Bolduc a traité avec grande légèreté un enjeu qui devrait être une des grandes priorités d’un ministre de l’Éducation, celui de la lecture et de la littératie.

Car si les jeunes Québécois ont de bons résultats scolaires, ce n’est pas le cas en lecture. Une enquête internationale auprès des élèves de 4e année du primaire, le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS), montre que les petits Québécois sont au 21e rang mondial et au 8e rang canadien pour leurs aptitudes en lecture. Ils se rattrapent un peu au secondaire, mais restent toujours derrière l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta.

L’enquête du PIRLS identifie en outre les facteurs qui peuvent affecter ces résultats: les parents québécois s’adonnent moins à des activités liées à la lecture avec leurs enfants que les parents des autres provinces. C’est aussi au Québec qu’il y a le moins de livres dans les maisons: 78% des familles québécoises ont plus de 25 livres pour enfants, contre 85% ailleurs au Canada, et 28% des familles québécoises possèdent plus de 100 livres, contre environ 40% ailleurs. Une enquête de Hill Strategies de 2008 montrait par ailleurs que le Québec est au 7e rang canadien pour l’achat de livres. Une troisième étude, celle-ci de Patrimoine Canada, montre aussi que c’est au Québec que l’on trouve la plus faible proportion de gens qui lisent régulièrement (45% contre 59% ailleurs au Canada), que le nombre de livres lus est le plus faible (13,9 contre 17,6), et que le nombre d’heures par semaine consacrées à la lecture est le plus bas (3,9 contre 4,8).

Cette dernière enquête comportait une autre donnée, encore plus troublante. C’est au Québec qu’on retrouvait le moins de répondants disant que leurs parents leur lisaient des livres quand ils étaient petits, 49% contre 64%. Et le pire, c’est que cela n’a pas changé puisqu’ils sont maintenant moins nombreux, eux aussi, à lire à leurs propres enfants, 55% contre 75%.

Ce rapport au livre n’affecte pas que les résultats scolaires: il a un impact beaucoup plus grave sur les aptitudes à la lecture. Une vaste enquête de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur la littératie montre que 19% des Québécois n’ont pas les compétences de base en lecture pour fonctionner normalement dans une société moderne, et qu’un autre 35% n’ont pas les aptitudes suffisantes pour bien s’épanouir. Bref, 54% des Québécois ne maîtrisent pas assez la lecture. C’est la pire proportion au Canada et l’une des pires de l’OCDE, avec l’Italie et l’Espagne. Avec des conséquences sur l’économie, la vie en société, la protection du français.

Comment inverser cela? D’abord, en valorisant la lecture. Dans cette mission, l’école joue un rôle central, car elle doit prendre le relais d’un milieu familial qui n’est pas toujours au rendez-vous. Et pour cela, il faut des bibliothèques attrayantes et beaucoup de livres, pour que les enfants aient du choix. Il faut aussi des messages clairs en faveur de la lecture. Exactement le contraire de ce qu’a fait M. Bolduc, qui n’a manifestement pas sa place en Éducation. Alain Dubuc

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Défense et illustration de la bibliothèque en milieu scolaire

Les bibliothèques scolaires sont nécessaires plus que jamais. L’opinion émise par l’ex-éditorialiste de la Voix-de-L’Est dans l’édition du 26 août sous le titre « Des bibliothèques complémentaires et plus efficaces » mérite une réponse sans ambiguïté: oui les bibliothèques scolaires tant au niveau primaire que secondaire et les services qu’elles offrent sont nécessaires. Non, elles ne peuvent être remplacées par les bibliothèques municipales.

Avouons-le, les propos de Monsieur Valère Audy ont de quoi nous faire sursauter.  M. Audy pose la question « Doit-on se payer de véritables bibliothèques dans toutes les écoles en plus des villes? ».Sa réponse est non et il propose « …de vraies bibliothèques centrales bien garnies.»

Mon expérience de 27 ans comme responsable d’une bibliothèque collégiale à Granby, jumelée à quelques années passées dans des bibliothèques municipales et ce que je connais des bibliothèques des écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire Val-des-Cerfs, m’incite à vous faire part de mon désarroi et de mon expertise devant de tels propos.

Nous avons autant besoin de bonnes bibliothèques scolaires que de bibliothèques municipales ou collégiales. D’ailleurs, l’idée émise il y a plusieurs années, par un directeur général et rapidement rejetée, de fusionner les services et les collections de la bibliothèque du Cégep de Granby avec celle de la ville démontre que les besoins des clientèles des bibliothèques, tant scolaires que municipales, sont différents.

Proximité et nombre d’élèves. Imagine-t-on voir débarquer une ou deux fois par semaine les 10 000 élèves des 37 écoles primaires de notre commission scolaire à la bibliothèque municipale de Granby, Waterloo ou Cowansville? Tant par le nombre d’élèves que par le nombre d’exemplaires requis, la proposition de M. Audy ne tient pas la route.

Une bibliothèque dans une école primaire ( Com. scolaire Marie-Victorin)

Médiation culturelle, littératie et habileté de recherche. Au-delà de la logistique et du quantitatif, il y a aussi le qualitatif et la nature même des services rendus par les bibliothèques scolaires que Monsieur Audy sous-estime. Les personnels des bibliothèques des écoles primaires et secondaires n’offrent pas seulement des livres. Ils offrent un service de médiation culturelle et de promotion de la littératie avec des activités d’animation et de formation à la lecture et à la recherche.  Les collections des bibliothèques scolaires tiennent compte de plans-cadres de formation sont mieux adaptées aux secteurs scolaires multiples et aux exigences posées par les enseignants comme me le rappelait récemment mon collègue Olivier Ménard de la Commission scolaire Val-des-Cerfs. D’ailleurs, la complémentarité et la collaboration des enseignants et du personnel d’une bibliothèque scolaire, la reconnaissance et le respect des expertises réciproques permettent à une école de former de futurs citoyens sachant lire et rechercher de l’information, la base de notre société :la littératie et la formation citoyenne.

Livres numériques, tablettes et désillusion. Valère Audy remet en cause l’existence des bibliothèques scolaires « à l’heure où il existe des services en ligne et où nombre de jeunes  »pitonnent et textent au lieu de lire? ». Avant tout, les services en ligne offerts par les bibliothèques scolaires (les encyclopédies numériques, les magazines ou les livres numériques) sont adaptés aux clientèles visées. Les personnels des bibliothèques scolaires des écoles primaires (on parle ici de 4 bibliothécaires professionnels pour 10 000 élèves et de techniciens/ techniciennes en documentation dans les écoles secondaires) procèdent à des analyses de besoins et font des achats en fonction de niveaux d’apprentissage spécifiques et des clientèles avec des problèmes d’apprentissage. C’est une profession et il s’agit d’une expertise. Aucun doute à mon esprit: l’éducation, les bibliothèques et le monde du savoir doivent faire une large place au support numérique. Les tablettes et le livre numériques sont présents dans nos écoles. Toutefois, pour l’instant nous sommes en transition, d’un monde analogique à u monde numérique. L’album, le roman ou le documentaire jeunesse sur papier ont encore leur place sur les rayons d’une bibliothèque. Vouloir remplacer les bibliothèques scolaires par un serveur de livres numériques est une idée peu réaliste en 2014.

Au cours des dernières années, notre commission scolaire comme celles des autres régions ont procédé à des investissements importants, tant en ressources humaines qu’en équipements, livres et ressources numériques. Poursuivons sur cette lancée plutôt que de niveler par le bas et selon M. Audy de  « faire aller la piasse du citoyen plus loin comme le dit le maire Bonin de Granby ». Visons plus haut que M. Audy et espérons mieux pour nos enfants.

Daniel Marquis, citoyen de Bromont et bibliothécaire professionnel.

——————–suite à cet article voici la réponse de M. Audy publiée le lendemain

La Voix des lecteurs

Bibliothèques scolaires: un réaliste appel à la réflexion

M. Marquis,Vous défendez avec une passion qui vous honore la cause de votre profession de même que celle des bibliothèques scolaires dans votre lettre publiée en réaction à mon commentaire. Mais votre lecture de mon raisonnement est partielle et sélective et votre conclusion réductrice.Les bibliothèques scolaires ont leur utilité, leur nécessité. Pour le développement des jeunes comme pour celui de notre société. Surtout que l’école est un haut et en maints cas premier lieu d’initiation à la lecture.Le problème qui se pose et que tant d’intervenants ne cessent de soulever depuis des années déjà, c’est que les collections des bibliothèques sont pauvres, que bien des livres y sont désuets. Et des écoles, il n’y en a pas qu’une poignée, mais quelques milliers à l’échelle du Québec.Or, le problème perdure, s’aggravant même dans certains cas. Que faire si les gros sous requis pour remédier à la situation ne sont pas disponibles? Surtout qu’on ne peut pas couper dans le personnel enseignant, les services spécialisés et les locaux de classe où les besoins ne sont pas moins grands.Dans le contexte actuel, celui de compressions qui font mal partout, quelle est votre solution, M. Marquis, pour assurer, non pas le seul statu quo, mais plus et mieux encore pour l’avenir? Vous n’en formulez aucune. Quand on n’arrive plus à résoudre des problèmes selon les formules connues, il faut alors chercher de nouvelles avenues.Dans cette optique, il est probablement temps de repenser les bibliothèques municipales et scolaires pour qu’elles soient complémentaires et plus efficaces. Ce qui n’exclut aucunement leur maintien. Une recherche qui, compte tenu des nouvelles technologies et de la diversité des besoins, devra être créative en lieux et services.Ça, M. Marquis, ce n’est pas du nivellement par le bas, mais un réaliste appel à la réflexion, à l’ouverture aux remises en question ainsi qu’aux inévitables et dérangeants changements qui s’imposent dans une société en constante et fulgurante transformation.Valère Audy

 

 

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Quoi de neuf du côté des périodiques? Nouveaux titres ajoutés?

Je vous propose de partager une information qui pourrait être profitable à plusieurs, la question des nouveaux ajouts de titres de périodiques en bibliothèque collégiale. Pour ma part j’ajoute trois titres cette année à nos abonnements institutionnels :

Cercle Psy un magazine dans le domaine de la psychologie (4 numéros et 1 hors série par an) . C’est du même éditeur que Sciences humaines. Chaque numéro propose des dossiers sur des questions actuelles. Celui sur l’autisme, (voir ci-contre) l’approche psychanalytique française versus l’approche humaniste nord-américaine est très instructif.

Nouveau projet. Le fameux magazine québécois dont tout le monde parle (voir ici), que je j’achète en kiosque et que les enseignants  me demandent (un abonnement pour 2 numéros par an à 159$ pour 3 ans, big deal! et on encourage sans doute le groupe de réflexion ( think tank)  le plus original de l’heure au Québec.

Finalement  Books; Livres et idées du monde entier www.books.fr/ Un magazine bien implanté qui propose des articles sur des thématiques actuelles. Il complète avantageusement les autres magazines par les résumés d’ouvrages publiés en anglais.

 

Pour le reste, avec les coûts des abonnements  numériques d’Érudit, d’Eureka et de Repères, on ne peut aller plus loin. Rappelons que pour le budget des périodiques nous sommes à budget croissance moins zéro : le budget n’est pas indexé et les prix augmentent. Alors on annule chaque année des abonnements. Pour en ajouter, il faut couper. C’est aussi une manière de s’ajuster à de nouveaux besoins et de laisser tomber des abonnements à des revues qui ont mal vieilli ou qui sont disponibles en format numérique. C’est difficile de laisser tomber des abonnements mais quand sur un même sujet on souscrit à plusieurs titres, il est normal d’abonner certaines revues et d’en ajouter d’autres. N’est-ce pas là l’essence même du travail de bibliothécaire?

Les changements sont majeurs dans le domaine des périodiques.  Depuis 10 ans, progressivement, j’ai abonné un nombre incalculable de titres sur papier pour les remplacer par des abonnements numériques le plus souvent repérables sur des index comme Érudit. J’ai une cinquantaine de titres en tête, citons au hasard Drogues, santé, société.

Il y a grosso modo 5 critères pour ajouter un titre.

  • La pertinence afin de répondre aux besoins documentaires des enseignants et des enseignants d’un programme;
  • Son repérage soit son indexation dans un index comme Repère;
  • Son prix;
  • Sa disponibilité ou non en format numérique;
  • L’originalité de son apport à la connaissance comparativement aux autres titres sur le même sujet.

Et vous, quels sont vos ajouts de titres cette année? C’est toujours intéressant de considérer ce qui se passe ailleurs. Utilisez la zone commentaire ci-dessous pour partager vos ajouts de titres (on peut aussi le faire directement sur le forum des bibliothécaires Rebicq si on est membre).

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Que retenir de la littérature française publiée depuis 1980?

La constitution d’une collection au fil du temps

Comme bibliothécaire dans un cégep,  je sélectionne chaque session des romans français qui seront ajoutés à la collection. Certains répondent directement aux exigences de l’enseignement. Je pense ici à Amélie Nothomb, Albert Camus ou Marie Darrieussecq.  D’autres viennent répondent aux demandes des étudiants et du personnel, je pense ici à Guillaume Musso,  Pierrette Fleutiaux,  Marc Levy ou Grégoire Delacourt.

Voici l'étalage du jour en littérature française à notre bibliothèque.

Chaque année, je suis toujours étonné du nombre de livres publiés. On parle de 555 romans pour la rentrée littéraire de septembre 2013 en France. C’était 727 en 2007! Ajoutons les romans québécois et on frise le 1 000 titres pour la seule rentrée de l’automne 2013.  Heureusement, la littérature française se renouvelle tant au niveau de la forme qu’au niveau de ses intérêts. Autrefois un peu trop repliée sur elle-même, sur la recherche formelle et l’exploration intrinsèque du soi et des structures littéraires, elle s’ouvre au monde depuis la fin des années ‘70 et elle explore.

Mon choix de romans est basé à la fois sur la lecture d’articles dans les suppléments littéraires du Devoir, Le Monde, le Figaro, Libération ou les revues Lire, Le Nouvel Observateur ou le Magazine Littraire) ou plus subjectifs : intérêts personnels (je pense ici à Jonathan Littell), demandes des lecteurs  ou aux suggestions de libraires.

Cela dit, la littérature française occupe une place importante dans notre collection mais notre littérature nationale, la littérature canadienne-anglaise ou suédoise ou tout le secteur de la paralittérature (romans graphiques, BD, romans policiers, romans fantastiques) occupent de plus en plus de place.

Pour l’instant, sur les tablettes, ce matin le tout donne ceci :

Une tablette type en littérature française à notre bibliothèque: J-P. Toussaint, Bernard Werber, Olivier Adam ...

Au fil des ans, une collection est constituée. Mais que reste-t-il au fil du temps de ces livres qui prennent plusieurs mètres linéaires sur nos rayons? Quels sont vraiment les auteurs confirmés qui passeront l’épreuve du temps? Suis-je passé à côté d’auteurs majeurs?

Une anthologie, c’est comme un phare nous éclairant à travers le brouillard

L'anthologie littéraire est comme un phare dans le brouillard, elle permet de distinguer les auteurs majeurs. Source de l'image: Village of Grand Manan & Alpha Security

L’important ouvrage de Dominique Viart : Anthologie de la littérature contemporaine française : Romans et récits depuis 1980 vient répondre à cette question. Cette œuvre nous permet de se retrouver dans tout ce brouillard littéraire. Publié en octobre 2013, ce manuel propose une intéressante sélection d’auteurs français.  Dans le cas de la France, L’Éducation nationale vient d’introduire dans les programmes, la littérature contemporaine.  Au Québec ce pas a été franchi depuis longtemps.

L’auteur exclu les œuvres non littéraires qui procurent «  plaisir et divertissement » (la littérature dite industrielle, citant Sainte-Beuve) qui a son utilité pour « maintenir auprès des livres un grand nombre de lecteurs » p. 9. On parle ici de romans liés au marché, ciblant des clientèles précises et soumis à des plans de marketing répondant à la mode du moment. Toutefois, dans son anthologie l’auteur laisse de la place aux livres inattendus, qui « déconcertent et ne répondent à aucune conception préfigurée ». On pense ici à Annie Ernaux ou Laurent Gaudé (des auteurs retenus par les enseignants de mon collège) ou Jean Rouaud.

Pour Dominique Viart, la littérature contemporaine débute à la fin des années ’70 avec de nouvelles formes qui convergent vers l’ouverture au monde, d’où la nécessité de considérer la littérature francophone publiée à l’extérieur de l’hexagone et celle écrite par des auteurs qui ont fait le choix de la langue française (Milan Kundera ou Jean Echenoz). Il s’en tient toutefois à la littérature narrative et regroupe le tout en trois périodes.

Qui est Dominique Viart?

Dominique Viart, © Georges René Visuels Les Littorales 2010

La question de la crédibilité de l’auteur se pose dans le cas d’une anthologie de ce genre. A ce chapitre, Dominique Viart est bien placé pour affronter un tel chantier.  Il avant tout essayiste et critique.  Il est l’auteur de plusieurs ouvrages critiques sur la littérature d’aujourd’hui : La Littérature française au présent(2005), Le roman français au XXe siècle (2011) et Fins de la littérature I et II (2012-2013) et encore plus récemment Écrire le présent (2013)  Il est aussi  professeur de littérature française à l’université Paris-Ouest, membre de l’Institut universitaire de France et codirecteur de la Revue des Sciences humaines. La seule question qui se pose ce n’est pas tant sa crédibilité, mais plutôt l’avantage pour une seule personne de s’associer à une équipe diversifiée afin d’élargir le spectre littéraire. Nous reviendrons sur cet aspect.

Trois parties

L’anthologie se subdivise en trois parties. La première partie « Inflexions » rassemble les auteurs dont l’œuvre s’enracine dans la période précédente, mais dont les derniers ouvrages s’ouvrent à des objets extérieurs.

La deuxième partie « Invention de formes et enjeux » regroupe les auteurs affranchis du formalisme.

La troisième sous le titre « Innovations et libres variations » fait place à des œuvres plus jeunes, libérées complètement de l’héritage moderne en innovant.

Voici la liste des auteurs et des titres retenus par l’auteur.

Première partie : Inflexions des œuvres modernes
Roland Barthes, Roland Barthes par Roland Barthes
Samuel Beckett, Mal vu mal dit
Renaud Camus, Roman furieux (épuisé)
Michel Chaillou, Le Matamore ébouriffé
Chantal Chawaf, Le Manteau noir
Hélène Cixous, Osnabrück
Louis-René des Forêts, Ostinato
Assia Djebar, Le Blanc de l’Algérie
Serge Doubrovsky, Le Livre brisé
Marguerite Duras, L’ Amant
Marguerite Duras, La Douleur
Edouard Glissant, Tout-monde
Pierre Guyotat, Coma
Milan Kundera, L’Ignorance
J. M. G. Le Clézio, Désert
J. M. G. Le Clézio, Étoile errante
Jean-Patrick Manchette, Le Petit Bleu de la côte ouest
Patrick Modiano, Dora Bruder
Patrick Modiano, Dans le café de la jeunesse perdue
Bernard Noël, La Langue d’Anna
Claude Ollier, Missing
Georges Perec, W ou le Souvenir d’enfance
Georges Perec, Récits d’Ellis Island, Histoires d’errance et d’espoir
Robert Pinget, Le Harnais
Christian Prigent, Commencement
Alain Robbe-Grillet, Le miroir qui revient
Jacques Roubaud, La Belle Hortense
Nathalie Sarraute, Enfance
Nathalie Sarraute, Ici
Claude Simon, L’ Acacia
Claude Simon, Le Jardin des plantes
Philippe Sollers, Femmes
Michel Tournier, Gilles et Jeanne
Jean-Loup Trassard, Dormance

De cette première partie, Becket, Duras, Kundera, Le Clézio et Tournier sont au programme dans notre collège et les romans de ces auteurs sont disponibles à la bibliothèque. Modiano  et Sarraute sont disponibles aussi, mais je ne suis pas certain qu’ils figurent au programme de nos cours de littérature.

Deuxième partie : Inventions de formes et enjeux contemporains
Pierre Bergounioux, L’Orphelin
Pierre Bergounioux, Un peu de bleu dans le paysage
Francois Bon, Prison
Francois Bon, Daewoo
Olivier Cadiot, Le Colonel des Zouaves
Emmanuel Carrère, L’Adversaire
Patrick Chamoiseau, Texaco
Éric Chevillard, Du hérisson
Maryse Condé, Traversée de la mangrove
Didier Daeninckx, Missak
Florence Delay, Trois désobéissances
Patrick Deville, Kampuchéa
Jean Echenoz, Cherokee
Jean Echenoz, Des éclairs
Annie Ernaux, Une femme
Annie Ernaux, Les Années
Alain Fleischer, La Hache et le Violon
Christian Gailly, Be-bop
Anne-Marie Garat, Les Mal Famées
Sylvie Germain, Nuit-d’Ambre
Sylvie Germain, Tobie des marais
Jean-Paul Goux, La Maison forte
Hervé Guibert, Mes parents
Nancy Huston, Lignes de faille
Thierry Jonquet, Moloch
Charles Juliet, Lambeaux
Leslie Kaplan, L’Excès-L’usine
Linda Lê, Calomnies
Claude Louis-Combet, Mère des croyants
Claude Louis-Combet, Blesse, ronce noire
Gérard Macé, Vies antérieures
Pierre Michon, Vies minuscules
Pierre Michon, Les Onze
Richard Millet, La Gloire des Pythre
Alain Nadaud, Archéologie du zéro
Marie NDiaye, En famille
Marie NDiaye, Trois femmes puissantes
Valère Novarina, Le Discours aux animaux
Christian Oster, Mon grand appartement
Daniel Pennac, La Fée carabine
Jean-Benoît, Puech Jordane revisité
Pascal Quignard, Le Nom sur le bout de la langue
Pascal Quignard, Les Désarçonnés, Dernier Royaume, VII
Yves Ravey, Cutter
Marie Redonnet, Forever Valley
Jean Rolin, La Clôture
Olivier Rolin, Tigre en papier
Jean Rouaud, Les Champs d’honneur
Jean Rouaud, L’Imitation du bonheur
Danièle Sallenave, Viol
Leila Sebbar, Je ne parle pas la langue de mon père
Jacques Serena, Basse ville
Jean-Philippe Toussaint, La Salle de bain
Jean-Philippe Toussaint, La Vérité sur Marie
Antoine Volodine, Nuit blanche en Balkhyrie
Antoine Volodine, Danse avec Nathan Golshem

De cette deuxième partie, Carrère, Chamoiseau, Condé, Deville, Garat, Ernaux, Germain, Guibert, Michon, NDiave, Oster, Quignard, Sallenave sont disponibles à la bibliothèque.    Huston , Echenoz, Pennac, Rouaud et  Toussaint sont disponibles également et sont des auteurs retenus par les enseignants.

Troisième partie : Innovations et libres variations
Pierre Alferi, Fmn
Stéphane Audeguy, La Théorie des nuages
Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages
Arno Bertina, Anima motrix
Nina Bouraoui, La Voyeuse interdite
Nicole Caligaris, La Scie patriotique
Belinda Cannone, L’Homme qui jeûne
Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck
Enzo Cormann, Le Testament de Vénus
Marie Cosnay, À notre Humanité
Marie Darrieussecq, Naissance des fantômes
Chloé Delaume, Le Cri du sablier
Maryline Desbiolles, Le Petit Col des loups
Regine Detambel, Le Long Séjour
Mathias Enard, Zone
Éric Faye, Le Général Solitude
Philippe Forest, Le Siècle des nuages
Christian Garcin, La Piste Mongole
Laurent Gaudé, Ouragan
Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires
Regis Jauffret, Univers, univers
Pierre Jourde, Le Maréchal absolu
Hédi Kaddour, Waltenberg
Maylis de Kérangal, Corniche Kennedy
Marie-Hélène Lafon, Les Derniers Indiens
Luc Lang, 11 Septembre, mon amour
Camille Laurens, L’amour, roman
Bertrand Leclair, L’Invraisemblable Histoire de Georges Pessant
Hélène Lenoir, Son nom d’avant
Laurent Mauvignier, Des hommes
Christine Montalbetti, L’Origine de l’homme
Emmanuelle Pagano, Les mains gamines
Yves Pagès, Prières d’exhumer
Mathieu Riboulet, L’Amant des morts
Olivia Rosenthal, Puisque nous sommes vivants
Lydie Salvayre, La Compagnie des spectres
Pierre Senges, La Réfutation majeure
Camille de Toledo (1975), Vies et mort d’un terroriste américain
Tanguy Viel, Insoupçonnable
Cecile Wajsbrot, Beaune-la-Rolande
Marc Weitzmann, Chaos
Martin Winckler, La Maladie de Sachs

Pour la troisième partie, celle consacrée aux auteurs plus récents, j’ai eu le plaisir de lire Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Laurent Gaudé, Lydie Salvayre  et Martin Winckler. Ces auteurs figurent en collection et à l’exception de Darrieussecq pour Truismes  je ne crois pas qu’ils figurent au programme des cours de littérature.

Un auteur, repère biographique, un ou deux titres et un extrait

Chaque auteur fait l’objet d’une biographie ou Viart justifie son choix suivi de la description d’un titre et d’un extrait. Certains auteurs font l’objet de deux titres et deux extraits. Les biographies présentées sont exhaustives et seront utiles pour introduire les œuvres auprès des étudiants.

Plusieurs titres épuisés en librairie

J’ai profité de cette liste pour compléter la collection, surtout avec des auteurs reconnus pour lesquels certains titres ne figuraient pas au catalogue. Toutefois, plusieurs titres sont manquants ou épuisés en librairie. Plusieurs ne sont pas disponibles en format de poche. Sans une édition de poche, un roman a peu de chance de figurer dans un programme de littérature  au collégial.

Une place bien mince à la littérature francophone d’Amérique

L’auteur mentionne dans son introduction, l’importance de considérer la littérature francophone. Dans son anthologie on se réjouira de trouver Nancy Huston. Nancy Huston est née à Calgary.  Elle a séjourné aux États-Unis, mais s’est installée à l’âge de 20 ans à Paris où elle a publié un mémoire sous la direction de Rolland Barthes.  Ses romans sont généralement publiés en coédition chez Léméac au Québec et Actes Sud en France. Et puis? Rien! Où sont les Réjean Ducharme, Robert lalonde ou Dany Laferrière, nommé récemment à l’Académie française? Cette anthologie ne réserve aucune place à la littérature québécoise. Il nous faudra donc compter sur nous-mêmes et le travail est déjà bien amorcé avec l’Anthologie de Michel Laurin. D’ailleurs est-ce pertinent ou utile de retrouver un auteur québécois dans une anthologie de littérature française? La question est posée.

En conclusion

Malgré la lacune relevée du peu de place accordée à la littérature québécoise, l’Anthologie de Dominique Viart est une synthèse colossale qui sera utile aux enseignants de littérature française aussi bien en France qu’au Québec. Les éléments biographiques présentés sont pertinents et le chercheur prend le temps de placer à la fois l’auteur et le roman retenu dans son contexte. Les enseignants trouveront dans cette anthologie des œuvres à ajouter au programme de leurs cours de littérature française contemporaine.

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« Légendes pédagogiques » de Normand Baillargeon. Un essai percutant à lire et à mettre en contexte, celui d’une société en pleine mutation.

La PNL est-elle une pseudoscience plutôt inefficace? Le tableau blanc a-t-il révolutionné l’enseignement? Écouter Mozart au berceau, Baby Einstein, Brain Gym, ça fonctionnent? L’iPad est-il si novateur? Le multitâche est-il un leurre? Vous êtes visuel, auditif ou plutôt kinesthésique ? Quel type d’intelligence exercez-vous? Musicale, spatiale ou logico-mathématique ? Et si on vous disait que toutes ces théories et que toutes ces méthodes ou technologies à la mode, qui guident pourtant les grandes orientations en éducation, étaient de la pure foutaise ?
Normand Baillargeon, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM et auteur du célèbre « Petit cours d’autodéfense intellectuelle », un essai remarqué et remarquable sur la pensée critique propose, pour la rentrée, un autre livre qui ne passera pas inaperçu. « Légendes pédagogiques : L’autodéfense intellectuelle en éducation » (Poète de brousse, 2013). Le livre est au sommet des ventes dans plusieurs librairies. Cet essai se veut une remise en question de 14 légendes pédagogiques. L’auteur examine, à l’aide d’outils d’analyse conceptuelle et/ou de recherches scientifiques, les fondements et les applications de ces approches ou technologies éducationnelles à la mode.
Avant tout, il est important de préciser que l’auteur adopte une démarche scientifique dans sa critique des légendes pédagogiques qui meublent nos classes et nos pratiques, notamment au collégial. Sa méthodologie est la même que celle utilisée dans son essai « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » à savoir le modèle proposé par Daniel T. Willingham . Cet auteur américain propose une méthode simple et efficace aux enseignants, pour se prémunir des allégations d’expertise au nom desquelles on leur recommande, telle ou telle pratique que je résumerai en 4 temps : « Strip it, Trace it, Analyse it and Shold I use it? ».
Baillargeon a systématisé ce processus d’analyse et l’applique à ce qu’il estime des légendes pédagogiques avec une échelle originale et reconnue, celle de John Hattiequi valide le niveau de contribution d’une technologie ou d’une nouvelle approche, à la réussite scolaire.

Hattie Ranking: Student Effects | VISIBLE LEARNING

Le Hattie Ranking est composé d’indices pour classifier les différentes influences sur la réussite scolaire selon leur niveau d’efficacité. Par exemple, quand on regarde du côté du « teaching effects » sur la réussite des élèves, on constate que plusieurs technologies récentes peuvent contribuer au succès scolaire des étudiants.

J’ai lu en entier les 271 pages de cet essai, mais mon analyse portera uniquement sur le chapitre 5, celui consacré aux NTIC. Je partage entièrement l’opinion de l’auteur concernant plusieurs légendes, notamment celle de la PNL (je me revois dans une formation, danser au timbre de la musique du film Rocky en recevant mon certificat de participation – quelle aberration!). Je suis généralement d’accord, avec quelques nuances, sur la question des intelligences multiples, des styles d’apprentissage, de l’effet Mozart, du Brain Gym, du cerveau gauche/droit. Toutefois concernant le cerveau et l’apprentissage, les neurosciences vont sans doute nous en apprendre beaucoup sur cette question dans les années à venir.

Normand Baillargeon

C’est sur le chapitre 5, les NTIC qui révolutionnent l’éducation, où mon opinion diverge. Non pas que certains constats ou certaines réalités comme les enjeux commerciaux ou le manque de recherches empiriques soient erronés. Au contraire, on se doit de considérer ces deux réalités. Toutefois, j’estime que l’auteur ne considère pas tout le contexte de l’usage des TIC, propre à l’enseignement, notamment au collégial. Il sous-estime la capacité de jugement des enseignants et surtout le défi que posent les nouvelles réalités technologiques à l’enseignement et les exigences du monde travail.

La thèse de Baillargeon est simple. Avant tout, l’auteur fait reposer son analyse sur la présence, dans les NTIC, d’hyperboles et d’affirmations infondées, d’où la nécessité d’y aller avec scepticisme. Le deuxième fondement de son analyse repose sur les résultats peu encourageants de la recherche crédible.

Je partage avec l’auteur la nécessité d’être vigilant et de faire preuve de prudence face à certaines technologies. D’ailleurs j’estime que le développement de l’esprit critique est le plus grand héritage de la formation collégiale. Toutefois, il n’est pas essentiel que tous les enseignants utilisent un tableau blanc ou un logiciel spécifique. Il appartient à chaque enseignant de choisir les stratégies d’enseignement avec lesquelles il est à l’aise et qui sont susceptibles, selon son analyse et son expérience, de contribuer à la réussite scolaire des étudiants. Faisons donc confiance aux enseignants. Affirmer que les tableaux blancs sont un épisode désastreux du système d’éducation au Québec est un jugement sans fondements. Dire plutôt que d’installer systématiquement cette technologie, sans évaluer les besoins et s’assurer d’une formation adéquate des enseignants, serait plus juste. À notre collège, aucun enseignant n’est forcé d’utiliser un tableau blanc ou un projecteur ou une tablette en classe. Ceux qui y voient un avantage le font, les autres non. Chacun est libre de varier ou non ses stratégies d’enseignement.
L’auteur retient trois exemples. Les deux premiers sont des concepts et le troisième une technologie.

La question des natifs du numérique, une théorie de Marc Prensky qui distingue les digital native et digital migrants n’est pas à rejeter du revers de la main. Sans aller jusqu’à fonder cette différenciation sur les bases biologiques du cerveau, on ne peut nier que les étudiants d’aujourd’hui n’apprennent pas de la même façon que ceux des années ’60. Leur cerveau est le même, mais leur degré d’attention est différent et ils évoluent dans un monde d’images, d’accès instantané à l’information.
La question du multitâche est en soi un faux problème. Il est bien évident que le travail intellectuel demande de la concentration. Les TIC ne favorisent pas systématiquement le multitâche. L’auteur entend par le multitâche, à la fois l’accomplissement simultané de diverses tâches, mais aussi l’action de passer rapidement et successivement d’une tâche à l’autre. Dans sa démonstration, affirmer que parler au téléphone en conduisant n’est pas une bonne idée est très réducteur de la question du multitâche dans l’apprentissage. Il va de soi que lire un livre sur papier ou sur une tablette, d’une page à l’autre, de manière linéaire, sans cliquer sur des hyperliens, permet d’être attentif. Toutefois, la lecture d’un article scientifique, sur la même tablette, permet de cliquer sur les renvois, d’aller chercher une définition ou de sortir du texte pour une meilleure compréhension. Dans le monde d’aujourd’hui, il est fréquent que l’on doive, en même temps, exercer différentes tâches simultanées ou une à la suite de l’autre, notamment dans le cadre de la résolution d’un problème ou de la recherche d’une information.
Le troisième exemple, les MOOC (Massive Online Open Course), la formation en ligne à un grand nombre de personnes est la technologie retenue par Baillargeon pour soutenir sa thèse de scepticisme à l’égard des TIC.

MOOC

Il fonde son analyse sur une étude de 2008 , soit les 7 étapes de Dreyfus. Avouons que depuis 6 ans le secteur de l’apprentissage à distance a beaucoup évolué. Personne n’y voit la fin de l’université ou de l’enseignement collégial. Personnel affirme que l’ensemble d’un diplôme doit reposer sur de la formation en ligne. Il est donc de mise d’être prudent et de considérer les MOOC comme un complément intéressant et pertinent à la formation traditionnelle. Certains « technophiles » ont sans doute prêché avec un peu trop d’enthousiasme, mais dans l’ensemble cette technologie s’implante très lentement au Québec. Dans l’apprentissage à distance, il y a la personnalité et les habiletés propres à chacun qui doivent être considérées. Une de mes collègues a complété un diplôme de webmestre entièrement en ligne et assume depuis la responsabilité complète du site web de notre collège. Elle a bien réussi sa formation en ligne avec assiduité et constance. Un autre étudiant, moins autonome ou motivé aurait peut-être abandonné après un mois. Dans certaines situations, pour des clientèles éloignées ou lorsqu’une formation ne retient pas l’attention d’une clientèle suffisante sur un territoire, l’offre de formation par l’intermédiaire d’un MOCC peut être une alternative intéressante. Il a aussi la question de la formation continue, créditée ou non qui peut devenir essentielle pour l’exercice de certaines professions. J’enseigne moi-même, occasionnellement via une plate-forme web, celle de l’APOP , à des enseignants disséminés partout sur le territoire québécois. Ces formations reposent sur un devis pédagogique, une variété de stratégies d’apprentissage et une évaluation. J’y vois une opportunité intéressante pour les enseignants de partager sur des thèmes et de mettre à jour leurs connaissances. L’auteur a raison d’affirmer, en fin d’analyse, qu’il n’a qu’effleuré la question et que celle-ci « mérite la plus sérieuse réflexion ». Disons plutôt une réflexion plus sérieuse que celle esquissée en moins de 5 pages.
L’auteur termine ce chapitre par des considérations très générales du genre : « Les Ntic peuvent fort bien être une menace pour l’apprentissage » (p. 132). Pour illustrer son propos il aborde successivement la question de la mémoire de travail et d’Internet, les méta-analyses et d’apprendre en jouant.
On convient tous que nous possédons une mémoire de travail limité dont on doit, à chaque instant, surmonter les limitations. Prétendre que l’hypertexte est dangereux à cause d’une surcharge de la mémoire et des nombreuses possibilités de distractions que comportent les hyperliens est réducteur de la capacité de n’importe lequel apprenant ou enseignant de bien gérer ses activités de lecture et d’apprentissage. J’ai lu sur papier, d’un bout à l’autre le livre de Baillargeon, mais à plusieurs occasions, à la fin d’un chapitre, j’aurais bien aimé cliquer sur un hyperlien pour en savoir plus sur un élément nouveau sur lequel repose l’argumentation de l’auteur.
La question des méta-analyses mériterait à elle seule un chapitre complet plutôt que 2 pages. La revue de la littérature complétée par Baillargeon laisse croire que les NTIC ont un effet « modeste et en deçà de ce qu’on doit viser », « ont un faible impact » ou « ont un impact positif, mais faible sur la réussite scolaire » et « les technologies, en elle-même, ne motivent ni ne contentent les étudiants ». Encore une fois, faudrait-il s’entendre sur la technologie qui est évaluée et aussi ce qu’il arriverait si, du jour au lendemain, un enseignant revenait à un enseignement de type magistral, de 3 heures avec un tableau régulier sans accès à Internet. Non pas que dans certains cas, l’enseignement magistral en interaction avec les étudiants soit obsolète, bien au contraire. Mais varier ses stratégies d’enseignements avec les TIC contribue à maintenir l’attention des étudiants et à les stimuler dans leurs apprentissages. Je partage l’idée avancée par Baillargeon que les Tic ne sont pas révolutionnaires et qu’une attitude critique à l’égard des Tic s’impose. Mais sa revue de la littérature est très limitée et surtout orientée pour soutenir sa thèse.
La question de l’apprentissage par le jeu est à peine esquissée avec 6 pages. Citer Shiller (1759-1805) , Platon (428-348 A.J-C.), Wittgenstein (1989-1921), F. W. A. Froebel (1782-1852) et les travaux de Robert F. Dearden publiés en 1968 et 1972 part mal le bal. Passons sous silence la dérision face aux propos de Prensky et son nirvana pédagogique. L’apport du jeu dans la réussite scolaire est sans doute limité, mais dans certains contextes, il peut s’avérer pertinent.
Toute la dernière partie sur la dimension mercantile et des impératifs commerciaux est pleine de sens. On se doit d’être critique et très vigilant lorsque l’on retient une nouvelle technologie. L’implantation des TBI en éducation aurait pu se faire plus graduellement à la mesure des besoins réels exprimés. Dans notre cas, ce témoignage d’une enseignante en soins infirmiers, est un bon exemple d’usage pédagogique des TBI :

Nicole Lanctôt (enseignante en soins infirmiers, à propos des TBI) « C’est comme si l’on jumelait ensemble l’ordinateur, l’écran de projection et le tableau blanc en une seule surface de travail. Je n’ai pas à me promener d’un outil à l’autre, tout est là. Sa grande particularité, c’est que je peux tout faire ce que je ferais à l’ordinateur cachée derrière le bureau, mais je le fais directement devant la classe avec aisance. Moi qui aime enseigner toujours debout et être en contact avec mes étudiants, c’est un prolongement naturel de mes habitudes d’enseignante tout en étant plus efficace. »Nicole Lanctôt Source de l'image : Carnets pédagogiques
Tous les chapitres de l’essai se terminent par un résumé, « L’Athos a vu ». L’auteur évalue l’apport des Tic sur la réussite scolaire avec scepticisme. Il invite les enseignants à « ne pas succomber au chant des sirènes technophiles », de considérer les études publiées avant d’aller de l’avant et de « tester à petite échelle les innovations préconisées. »
Faire preuve d’esprit critique et de scepticisme va de soi pour tous dans la société d’aujourd’hui et les enseignants dans l’exercice de leur profession n’échappent pas à la règle. Tous ne prendront pas le temps de procéder à une revue de la littérature lors de l’expérimentation d’une nouvelle technologie. Toutefois, l’enseignant intéressé à varier ses stratégies d’enseignement, à présenter et partager sa matière et à interagir avec ses étudiants trouvera, dans l’usage éclairé de certaines nouvelles technologies, un apport considérable susceptible de maintenir l’attention des étudiants, les stimuler et contribuer ainsi à leur réussite scolaire.
Qu’on le veule on non, la génération C (communiquer, collaborer, créer) et nous-mêmes évoluons actuellement dans une société axée sur le savoir et les communications. Le travail collaboratif, l’usage des technologies, les médias sociaux font partie de notre environnement. Le monde de l’éducation n’évolue pas en vase clos.
L’approche de Baillargeon celle du scepticisme rationnel, qui permet de remettre en doute la véracité de certaines « légendes pédagogiques » par manque de preuves empiriques est à retenir. Elle aurait toutefois avantage à être contextualisée. Elle présente l’avantage de nous amener à réfléchir sur l’efficacité ou la pertinence de certaines technologies. Exerçons donc un esprit critique, mais dans le contexte d’un monde en profonde mutation.

Daniel Marquis, bib. prof. et conseiller pédagogique
Bibliothèque et technologies éducatives
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Willingham, D.T. (2012). When can you trust the the experts? How to tell Good science from bad science in education. San Francisco : Jessey-Bass.
Hattie, J. (2009) Visible Learning : A systhesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. London : Routledge.
Dreyfus, H. (2008). On the Internet. NewYork : Routledge.
APOP. http://apop.qc.ca/
Dupont. H. (2014). Intégration du tableau interactif en classe, pourquoi pas? Récupéré le 17 février 2014 de http://pedagocghy.profweb.ca/?p=2773

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Avons-nous un rôle à jouer à titre de professionnels dans la question des modèles de bibliographies et de citation des sources ?

Voici le fichier de la présentation qui sera faite devant mes collègues du Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec (Rebicq). Cette présentation s’appui sur un sondage qui a été complété par 36 responsables de bibliothèques collégiales et sur 119 commentaires. Merci à tous les participants.

Vous trouverez dans la présentation plusieurs commentaires provenant des répondants directement en copier/coller. J’aimerais toutefois ajouter deux éléments pour conclure le dossier :

Vous trouverez dans la présentation plusieurs commentaires provenant des répondants directement en copier/coller. J’aimerais toutefois ajouter deux éléments pour conclure le dossier :

  1. Aucun doute nous avons un rôle à jouer à titre de professionnels dans la question des modèles de bibliographies et de citation des sources. Ce rôle est principalement au niveau du choix du modèle, de sa diffusion et de son support.
  2. Deuxième élément important auquel je n’avais pas du tout pensé et qui  a été porté à mon attention par une collègue professionnelle d’un collège anglophone, Amy MacLean, du Collège Marianopolis : chaque modèle a ses principes et ceux-ci font qu’ils sont utilisés par des clientèles spécifiques. Par exemple, la méthode MLA est utilisée principalement en langue parce qu’elle place l’accent sur l’auteur et l’extrait littéraire utilisé. La méthode APA est appréciée parce qu’elle place la date comme déterminant dans le classement des références. C’est un élément qui, à ma connaissance, n’est pas aussi présent dans le réseau francophone et qui mérite notre attention.  Voici maintenant la présentation en format powerpoint du 27 février 2014 dernier:

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Curio.ca, un bon départ, mais on s’attendait vraiment à plus de la part de la SRC. (Quelques informations supplémentaires ajoutées le 28 janvier 2014 suite à des précisions obtenues, elles se trouvent à la fin de cet envoi)

La Société Radio-Canada (SRC) a procédé au lancement, l’automne dernier, de sa plateforme Curio.ca permettant d’accéder à la diffusion,  en continu,  du contenu éducatif des réseaux francophone et anglophone. Le service s’adresse directement aux institutions : commissions scolaires, ministères, universités, collèges et cégeps, écoles et bibliothèques publiques. On invite les enseignants ou le personnel de ces institutions à s’adresser au bibliothécaire ou au responsable du centre de ressources pour les modalités d’accès. Voici mon appréciation personnelle.[1]

Pour l’instant, un peu moins de la moitié des bibliothèques collégiales souscrivent un abonnement à  Curio.ca . Elles se sont engagées par l’intermédiaire du comité de gestion et d’acquisitions de droit, le Cebad, qui relève du Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec (Rebicq). La raison majeure invoquée par les collèges qui ne se sont pas engagés avec Curio.ca réside notamment sur le prix demandé qui, selon eux, est trop exorbitant en regard des enregistrements offerts ou des besoins réels exprimés par les enseignants.  Pour certains, il serait encore plus avantageux de procéder à l’achat des DVD requis annuellement plutôt que souscrire à un abonnement. D’autres bibliothèques y voient, à moyens et longs termes une solution avantageuse.

Notre bibliothèque collégiale s’est engagée sur cette voie, celle de la migration de sa collection de DVD documentaires vers l’accès en mode diffusion continu, depuis 2 ans. Voici quelques éléments de cette transition et quelques commentaires sur l’offre Curio.ca.

Notre offre de vidéo en continu

 

Une transition nécessaire

À l’ère de l’instantanéité, des inventaires « juste à temps », de Netflix,  le virage de la SRC avec sa plate-forme de diffusion en continu, s’imposait. Télé-Québec avait déjà fait ce virage, il y a quelques années,  en confiant ce travail à la Société Grics,  sa Collection de Vidéo éducative (CVE). L’ONF plus récemment a fait un pas dans ce sens avec le programme Campus. Les avantages de l’accès en ligne sont nombreux, tant pour le producteur-diffuseur que pour les institutions d’enseignent et leurs bibliothèques :

–          Pas de support physique DVD à produire, distribuer et commander à la pièce;

–          Accès à toutes les productions que la SRC a décidé de mettre en ligne;

–          Pas de prêt, manutention de la part des enseignants;

–          On est en mesure de diffuser un même titre simultanément évitant ainsi les réservations ou l’acquisition d’exemplaires multiples;

–          Un étudiant qui a manqué un cours peut se reprendre de chez lui;

–          Accès à un parc de titres et non des titres sélectionnés à la pièce;

–          Simplicité du contrôle de l’accès avec la validation IP;

En plus des coûts annuels qui posent problème pour certaines bibliothèques collégiales, la question de la pérennité du service mérite d’être posée. Notre crainte dans ce genre de migration est qu’un jour, pour une raison ou une autre, un titre soit retiré. La SRC est sans équivoque à cet égard : « Le contenu disponible peut varier de temps à autre. Radio-Canada/CBC peut, à son entière discrétion, modifier le site Curio.ca et son contenu, y compris ajouter ou retirer du contenu. » Avec un DVD, la pérennité est assurée pourvu que l’on ne doive pas remplacer le support. Toutefois, on ne voit pas pourquoi un titre serait retiré, sauf en cas de problèmes de droit. Ce sont plutôt les titres retenus qui posent problème, nous y reviendrons.

On ne peut donc que féliciter la SRC d’avoir pris enfin ce virage après Télé-Québec et l’ONF.

Une interface conviviale et une recherche simplifiée

La page d'accueil et les menus

L’interface d’accueil et de recherche est efficace et conviviale. Une recherche à « mur de Berlin » donne deux titres, une autre à  « autisme » donne 8 résultats de productions en anglais, mais aucune en français. Étonnant puisque la SRC a présenté à l’émission Découverte un reportage sur cette question portant sur Kim Peek en, mais le titre n’a pas été sélectionné pour Curio.ca . Le résultat de la recherche est exprimé par facettes : thématique, langues, groupe d’âge, types.

La recherche est toutefois limitée aux occurrences des mots du titre et du résumé. Une recherche à euthanasie donne trois occurrences et une autre à baie Comeau nous mène à Brian Mulroney.  On parle ici de vocabulaire libre et non de vedettes matières de l’Université Laval. Il serait intéressant d’obtenir les notices en format Marc pour les intégrer à nos catalogues. Elles sont offertes par l’ONF et la Grics (notices partielles) pour le CVE. Elles sont pourtant  indispensables pour la recherche dans nos catalogues. Une autre avenue est de doubler nos notices déjà complétées pour nos DVD.

Une diffusion sans pépin!

J’ai procédé à plusieurs tests, et rien à dire au niveau technique. Tout est accessible par l’intermédiaire des fureteurs réguliers. Il faut évidemment avoir Explorer supérieur à la version 8. L’option d’un profil est intéressante. Un peu difficile à gérer pour un cégep de grande taille, mais une fois complétées,  les modalités sont simples d’usage et conviviales.

Un nombre de titres très limités

Un onglet de recherche « Émission » permet de constater que 18 titres ont été retenus :

  • Dans l’œil du dragon (8 émissions)
  • Une heure sur Terre (43 séquences variant de 5 :42 à 45 minutes
  • RDI ( 1 titre, la Visite royale au Canada)
  • Second Regard (25 séquences de 7 à 21 minutes)
  • Première ( 3 entrevues avec Louis Garneau à Schefferville)
  • C’est ça la vie (5 séquences de 2 à 5 minutes)
  • 24 heures en 60 minutes (10 séquences de 6 à 98 minutes, notamment le Forum Mourir dans la dignité)
  • La période de questions (aucune séquence proposée, sic)
  • Tout le monde en parlait (20 séquences)
  • La semaine verte (38 séquences de 5 à 44 minutes)
  • Découverte  (99 séquences)
  • Zone Doc (1 émission)
  • La facture (9 séquences)
  • L’épicerie ( 30 séquences)
  • 1000 jours pour la planète ( 3 séquences de 46 min.)
  • Enquête (34 séquences de 10 à 56 minutes)
  • Le Téléjournal (39 séquences de 6 à 26 minutes)

Plusieurs des émissions proposées sont pertinentes aux besoins de l’enseignement collégial. Toutefois, plusieurs titres devraient figurer sur Curio.ca, pour répondre aux besoins des bibliothèques collégiales, mais ils n’y sont pas. Pourtant il serait facile pour les bibliothécaires des cégeps d’identifier 50 ou 100 titres essentiels, déjà achetés sur DVD et retenus par les enseignants pour une diffusion chaque session. Nous y reviendrons en conclusion.

On s’étonne également du choix de certaines émissions. Par exemple, C’est ça la vie, qui avouons-le n’est pas du même intérêt qu’Une heure sur terre. La série Tout le monde en parlait est incomplète voir partielle, pourtant plusieurs bibliothèques collégiales ont acheté toutes les saisons. Pourquoi ne pas avoir considéré les titres achetés par les bibliothèques et autres institutions depuis 5 ans? Un choix basé sur l’usage serait plus pertinent. On doit toutefois souligner la disponibilité de la série Cas de conscience, mais on s’étonne de l’absence des deux émissions spéciales de Découverte sur le drame de Mégantic et celui du World Trade Center avec des animations 3D.

Le site précise : « Nouveau contenu ajouté chaque semaine — vous pouvez même faire vos propres demandes ».

Depuis le 5 janvier 2014 – nous sommes le 24 janvier – je n’ai pas remarqué d’ajouts, du moins rien n’est indiqué en ce sens sur la page d’accueil, contrairement à CVE qui, malgré un design plus rudimentaire, propose en ligne une liste des ajouts et même un envoi par courriel des nouveautés. Sur la page d’accueil, ce sont toujours les mêmes 6 titres depuis 3 semaines.

Cette liste et son dépouillement permettent de constater que Curio.ca offre un début très modeste d’accès  aux productions documentaires de la SRC avec 368 titres. L’offre initiale parle de 3 000 enregistrements et dans une autre section de 10 000 : « Plus de 10 000 ressources — documentaires télévisuels et radiophoniques, documents d’archives, guides de ressources à l’intention des enseignants ».  Je n’ai pas trouvé de segments radiophoniques en français. Dans ce dénombrement il faut sans doute considérer aussi toutes les productions de la CBC qui seront utiles pour les cours d’anglais langue seconde. Il y a aussi les chaînes, deux pour l’instant : L’actualité en archives (14 titres annoncés, mais 10 disponibles) L’actualité en revue (16 titres). L’abonnement à ces chaînes nécessite de payer un supplément. Pour ma part, l’offre étant limitée à 24 titres, je n’ai pas souscrit à cette option trop limitée pour l’instant. On trouve facilement ce genre de segments gratuitement sur Internet.

Pour l’offre actuelle, on parle de 3 000 titres et même 10 000, mais en réalité, en français j’arrive à 368 segments d’émissions plus 26 segments de chaîne d’actualité. Même en ajoutant les segments de productions de la section thématique qui ne sont pas rattachées à des émissions on est loin des 3 000 titres annoncés et encore plus loin des 10 000. Il serait intéressant d’avoir l’heure juste à ce sujet. (Voir plus bas la précision apportées par l’Équipe de Curio.ca)

 

Ajout de titres

On précise; « S’il manque un épisode de votre émission favorite de Radio-Canada, veuillez remplir le formulaire Demande de contenu. Nous ne pouvons pas garantir que nous rendrons disponibles toutes les émissions. Parfois, pour des questions de droits, nous ne pouvons pas octroyer de licence pour une émission en particulier, mais soyez assuré que nous essaierons de le faire. »  Donc, à moins d’un problème de droit on peut s’attendre à l‘ajout de titres. C’est donc aussi notre responsabilité comme bibliothécaire ou technicien de faire des demandes. Pour ma part je vais identifier les DVD de la SRC de ma collection et faire une demande pour les titres acquis depuis les 5 dernières années.

 En conclusion

On ne peut que féliciter la SRC et l’équipe en place responsable de ce projet pour cette nouvelle plate-forme. À moyen et long terme, j’y vois une voie d’avenir. Tout est en place pour faire de Curio.ca un service indispensable. L’interface est facile d’usage et la recherche est conviviale. C’est au niveau du nombre de titres et de la pertinence de ceux-ci que l’on est en droit de se poser des questions. C’est nettement insuffisant pour le prix demandé et le choix des titres ne correspond pas entièrement à nos besoins actuels, en considérant que l’on a déjà payé le gros prix pour des enregistrements sur DVD qui devraient, pour la plupart, notamment ceux achetés depuis 5 ans, se retrouver en ligne sur Curio.ca .  On aimerait aussi avoir les notices catalographiques Marc des segments pour les intégrer à nos catalogues.

Finalement, une liste d’envoi, mensuelle,  nous informant des ajouts récents permettrait à l’équipe de Curio.ca de garder contact avec ses clients. Le modèle de la Société Grics qui diffuse certaines productions de Télé-Québec est un exemple à suivre.

Souhaitons donc bonne chance à l’équipe derrière Curio.ca. Espérons l’ajout appréciable de titres répondant à nos besoins, des notices catalographiques et une liste d’envoi.

De mon côté je m’empresse de faire un tri de nos titres de la SRC (souvent achetés avec la CARA donc disponible dans plus de 40 cégeps) et de prioriser 50 titres. Je ferai suivre le tout à l’équipe de Curio.ca et je vous invite à faire de même. Une relation étroite entre les bibliothèques collégiales et Curio.ca ne peut qu’être profitable à tous.

En date du 28 janvier 2014, suite à un entretien téléphonique avec la personne responsable de Curio,  on confirme que l’on propose 1018 reportages en français sur la plate-forme de diffusion. Dans notre calcul, nous arrivons au chiffre de 378, en nous limitant aux segments rattachés aux émissions. Il faut donc en conclure que les segments ou les documentaires ne sont pas tous rattachés à une émission. On est quand même un peu loin des 3 000 ou 10 000 titres annoncés.

Je profite de l’occasion pour préciser que l’offre Curio.ca est en ligne depuis le 27 octobre 2013. Donc à peine trois mois. Il est tout à fait normal que l’équipe derrière Curio apporte progressivement des améliorations et surtout que des émissions soient ajoutées. Donnons-nous jusqu’au 27 octobre 2014, soit un an, pour faire un premier bilan de Curio.ca sur ce blogue. En ce qui concerne les nouveaux titres ajoutés, j’ai retrouvé une info-lettre datant du 14 janvier 2014. On mentionne trois ajouts : le vidéo-clip et la participation de Xavier Dolan à l’émission 24/60, une série de 3 documentaires sur les océans datant de 2009 et 9 films d’animation réalisés par Frédéric Back décédé récemment. Dans le cas de Frederick Back, on ne peut que saluer l’initiative de nous offrir ces films d’un grand intérêt, notamment l’Homme qui plantait des arbres.

On ne peut que souhaiter des info-lettres plus fréquentes témoignant des ajouts significatifs à la collection de documentaires. La page Facebook de Curio.ca ne comporte qu’un événement datant du 16 avril 2013 et nous n’y avons pas trouvé d’informations sur des ajouts à Curio.ca  En fait la page Facebook de Curio est celle des Services éducatifs sans plus. On n’y trouve pas de contenu spécifique sauf 169 mentions J’AIME.

Bref, laissons le temps à l’équipe de Curio.ca d’ajouter des titres, notamment ceux qui seront demandés par la communauté collégiale et surtout de mettre en place une manière efficace et transparente de faire connaître ces ajouts hebdomadaires ou mensuels. En ce sens le slogan : Curio.ca, du matériel éducatif branché sur vos besoins!   prendra tout son sens.

Daniel Marquis dmarquis@cegepgranby.qc.ca 

 


[1] J’exprime ici mon opinion, à titre personnel et j’invite mes collègues du réseau collégial ou toute personne concernée ou utilisatrice de Curio.ca à faire part de leurs commentaires dans la section réservée à cette fin, à la fin de mon post.

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